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vendredi 10 février 2017

Photographie non photographique

Vous réaliserez une photographie révélant des caractéristiques étrangères à la photographie, à la réalité du sujet.
Votre photographie et sa relation particulière au réel provoquent un dialogue entre l’image et son référent « réel », source d’expressions poétiques, symboliques, métaphoriques, allégoriques.

Vous prêterez attention au cadrage, au point de vue, à la lumière, à la mise au point [...] et n'utiliserez aucun filtre.

Photographie : technique qui permet d’obtenir une image durable par l'action de la lumière ; image obtenue par ce procédé.

Dès son invention, la photographie inaugure une nouvelle ère dans la représentation ; le procédé donne à voir une représentation du réel objective. L'homme ne représente plus le réel tel qu'il le voit et tel qu'il le peut, mais c'est le « réel » qui impressionne le support (par l'action directe de la lumière qui est réfléchie, ou émise, de l'objet à la surface sensible). Ainsi la photographie trouve rapidement son usage dans le reportage, dans l'anthropométrie (: inventée par Alphonse Bertillon). Les photographes ambitionnent de réaliser un « inventaire du monde ».

Toutefois, cette objectivité a ses limites. La photographie argentique permettait déjà de travestir la réalité, d'ajouter ou de retrancher des éléments d'une image (cf. photomontage) et avec l'avènement de la photographie numérique, ces trucages qui n'étaient auparavant accessibles qu'à des connaisseurs, deviennent presque à la portée de tous.
De plus, les choix du photographe importent : choix du sujet, du cadrage, de la mise au point, mais aussi du développement, du tirage (recadrage), des retouches, etc.

Le photographe interprète à sa façon le réel qui s'offre à lui. Ainsi, en noir et blanc, une ambiance peut être rendue dramatique par certaines techniques alors que la réalité ne l'était pas autant. Le simple fait d'attirer l'œil sur un élément, en le photographiant, modifie la perception des spectateurs (récepteurs de l'image) face à la globalité de la scène qui se voit de plus réduite à une ou plusieurs images.
S'ajoutent à cela les limites technologiques pour représenter les couleurs, les perspectives, les sujets en mouvement, etc. Un appareil photo ne retransmet pas exactement ce que l'observateur voit. Il peut déformer, créer des aberrations chromatiques, exagérer la perspective, etc.
(source Wikipédia)

Objectifs :

  • Produire des images et prendre conscience de leurs spécificités : la dématérialisation par exemple.
  • Appréhender les relations entre l’image et son référent : absence du référent, prégnance du référent, image comme référent.
  • Comprendre que « l’acte photographique » est porteur de sens.

Références artistiques :

  • Edouard STEICHEN, Rodin, 1903
  • Frank EUGENE, Adam et Eve, 1910
  • Paul STRAND, Photographie, 1917
  • Man RAY, Retour à la raison, 1923
  • Laszlo MOHOLY-NAGY, Sans titre, 1928
  • André KERTESZ, Distorsion, série, 1933
  • Lucas SAMARAS, Photo-Transformation,1973
  • Franco FONTANA, Comacchio, Italie, 1976
  • Cindy HERMANN, Untitled Film Stills #15, 1978
  • Jeff WALL, La chambre détruite, 1978
  • Jan DIBBETS, GDN Rotterdam, 1981
  • Paolo GIOLI, Torso, Omagio impuro a Bayard, 1983
  • Corinne VIONNET, Photo Opportunities, 2005-2014
  • Pictorialismes : documentaire de la collection PHOTO - les grands courants de la photographie d'Arte France, Camera lucida productions.
    La photographie est-elle un art ou une simple technique de reproduction du réel ? Le débat ressurgit à la fin des années 1880 avec le mouvement pictorialiste, qui rejette le réalisme et l’exactitude pour une photographie « artistique » dont les effets cherchent à rivaliser avec le dessin et la peinture.

Robert Demachy

Robert DEMACHY, Lutte (Camera Work 1904, N°5, janvier 1904, planche VI), 1904, Musée d'Orsay, Paris

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

dimanche 21 juin 2015

Photo ratée

Réussir une photo ratée ! 

Après avoir expérimenté la prise de vue en classe et s’être interrogé sur les codes photographiques et de tirer parti des erreurs, vous réaliserez une photographie dans laquelle vous exploiterez volontairement les accidents de prise de vue pour leur donner une signification. 
Vous devez justifier votre parti-pris. 

Notions et termes utilisés lors de la verbalisation :
rapport peinture/photographie, pictorialisme, effet d'Instagram, pixel, cadrage, hors champ, angles de prise de vue (: plongée, contre plongée), flou, bougé, surexposition, contre-jour, déformation optique, etc.

Références artistiques possibles :
WANG DU, Photographs, 2007, installation.
JOHN STANMEYER, Signal, Djibouti City, 26 février 2013, photographie.
PAUL GRAHAM, Untitled #11, de la série « American Night », 2000, photographie.
GERHARD RICHTER, Liseuse, 1994, peinture.
BILL ARMSTRONG, #301, #302, #308, #315, de la série « Portraits », 2000, photographie.
HIROSHI SUGIMOTO, Mediterranean, La Ciotat 2 (D), 1989, de la série « Seascapes », photographie.
MIKKO SINERVO, Afterimage #1 (turquoise), #9 (Rhodamine), 2008 ; Afterimage #17 (Gleam), #21 (White circle), 2009.

Hiroshi Sugimoto, Mediterranean, La Ciotat 2, 1989

 Mediterranean, La Ciotat 2 (D), Hiroshi Sugimoto, photographie, 1989

Hiroshi Sugimoto left his native Japan in 1970 to study art in Los Angeles in 1971 at a time when Minimalism and Conceptual art—both of which informed his work—dominated art practice. Inspired by the systemic aspects of Minimalist painting and sculpture, he has consistently explored several themes with rigorous seriality throughout his career.
His Seascapes series (begun in 1999) are photographed with cartographic precision. Each image, titled for the body of water depicted, is comprised of sea and sky bisected by the horizon. Rather than taming the subject through repeated documentation, the series grows more awesome and sublime, and the images reveal that only the temporary atmospherics—the thickness of fog or stillness of the water—distinguish one sea from the next.
(source : http://www.guggenheim.org)