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lundi 1 mai 2017

« Re-enactment »

Mettez-vous en scène pour rejouer l'action d'un tableau célèbre.
Votre prestation suppose une étude préalable de l'œuvre, mais également l'écriture d'un court scénario, voire d'un story-board pour une meilleure prise en compte de la captation de l'événement.

Problématique : En quoi refaire, rejouer, réinterpréter interroge notre relation au réel ?  

Références artistiques possibles :

  • Cindy SHERMAN, Untitled film stills (images de plateau sans titre), 1977-1980, photographies en noir et blanc
  • Douglas GORDON, 24 Hour Psycho, 1993, vidéo
  • Pierre JOSEPH, Little Democraty, 1997, 20 sérigraphies en quadrichromie (: 20 personnages vivants à réactiver : Plongeur ; Cow-boy ; Superman ; La Fée ; Moine ; Paintballer ; Policier ; Guerrier médiéval ; Lépreuse ; Convalescent ; Oogie ; Pilote auto ; Motard ; Catwoman ; Toréador ; Virginie ; Répliquante ; Sorcière & Voleurs de couleurs ; Cupidon ; Blanche-Neige)
  • RANCINAN, Raft of Illusions (Le Radeau des illusions), Freedom Unveiled (La Liberté dévoilée), 2008, photographies de la série des Métamorphoses 
  • HOPPER VU PAR… Huit réalisateurs européens, tous fascinés par l’univers du peintre Edward Hopper, se sont inspiré de l’un de ses tableaux pour en tirer chacun un film de fiction , coproduction ARTE France/ En haut des marches, 2012
    • MOUNTAIN de Martin de Thurah, d’après « Cape Cod Evening » (11 min) 
    • BERLIN NIGHT WINDOW de Hannes Stöhr, d’après « Night Windows » (6 min), musique du DJ berlinois Paul Kalkbrenner, avec Rita Langiez
    • NEXT TO LAST (Automne 63) de Mathieu Amalric, d’après « Sun in an empty room » (5 min) avec la voix de Frederick Wiseman (rôle de Hopper)
    • HOPE de Dominique Blanc, d’après « A woman in the sun » (5 min) avec Clémence Poesy
    • FIRST ROW ORCHESTRA de Sophie Fiennes, d’après « First Row Orchestra » (4 min)
    • CONFERENCE DE NUIT de Valérie Mréjen, d’après « Conference at night » (5 min) avec Antoine Chappey, Marily ne Canto, Pierre Baux
    • LA MUSE de Sophie Barthes, d’après « Nighthawks » (5 mn) avec Michael Stuhlbarg, Rebecca Brooksher
    • RUPTURE de Valérie Pirson, d’après « Summer Evening » (animation – 4 min)
Shirley 
Photogramme de Shirley, un voyage dans la peinture d'Edward Hopper, un film réalisé par Gustav Deutsch, 2013

* Re-enactment
Le re-enactment est un jeu de rôle grandeur nature, dans lequel les participants recréent une période historique donnée ou plus particulièrement un événement passé. Le re-enactment met en scène la plupart du temps des batailles et faits d’armes. La base historique est cependant interprétée par les re-enactors qui n’hésitent pas à inventer des saynètes plausibles et à broder autour de leurs connaissances. Nous ne sommes pas en présence de ce qui pourrait s’apparenter à un spectacle.
Le phénomène tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, dans son acception moderne, débute avec les commémorations en 1960 du centenaire de la Guerre civile américaine (1860-1865) aux États-Unis. On pourrait cependant remonter les origines du re-enactment jusqu’au temps de l’Empire romain. Les Romains reconstituaient en effet des batailles navales fameuses dans le Colisée, appelées Naumachiae, en inondant celui-ci.

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle - l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation. 
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre. 
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
  • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mardi 14 mars 2017

Action ! Images, corps et mouvements

Le corps à l'œuvre

Disparaissant en tant qu’image, le corps devient perceptible sur la toile comme trace réelle de l’artiste à l’œuvre. Quittant le chevalet pour se poser au sol, ou se dressant à la verticale pour épouser l’espace du mur, la toile est le support d’une création qui repose sur le geste renvoyant à un corps unique, celui de l’artiste. Les Drippings de Pollock, qui marquent toute la génération de l’Expressionnisme abstrait, de De Kooning à Motherwell et à Kline, les tracés brouillés et griffés de Twombly, les empreintes du corps des modèles-pinceaux de Klein, ou celles du corps de l’artiste chez Penone, caractérisent cette nouvelle acception du corps dans l’art du XXe siècle. (source Centre Pompidou)

Comment les mouvements du corps de l'auteur peuvent-ils faire œuvre ? 

Action : Dans l'art contemporain, l' « action » assimile l'artiste à un « acteur ». Cette conception intervient également dans diverses formes de peinture gestuelle, et plus précisément l'expressionnisme abstrait. Déjà avant la Seconde Guerre mondiale, les futuristes, les dadaïstes et les surréalistes considéraient les actions dans les lieux publics comme des compléments naturels de leurs autres modes d'expression artistique. 

Happening : Forme d'action art proche du pop art qui se développe dans les années 1960 et vise à l'effacement de la frontière entre l'art et la vie de tous les jours, l'artiste et son public, organisant de grandes actions le plus souvent en plein air, dont le déroulement est indiqué dans son ensemble par l'artiste mais laisse place aux interprétations. Le happening ne comporte pas de répétition et n'a lieu en règle générale qu'une fois. Il se fonde sur la vue et le toucher. L'intégration du public est censée amorcer une transformation de ses habitudes visuelles et conceptuelles. Le terme provient des 18 happenings in 6 Parts organisés par Allan Kaprow en 1959 à New York.

Performance : Le terme de performance emprunté à l'anglais — où il y a le sens du spectacle, représentation, sert aujourd'hui à désigner toutes les activités artistiques qui se déroulent devant un public et font intervenir la musique (art sonore), la danse, la poésie, le théâtre ou la vidéo, ou une quelconque combinaison de ces arts.

Références artistiques possibles :

  • Jackson POLLOCK, Number 26 A, « Black and White », 1948, peinture glycérophtalique sur toile, 205x121,7 cm
  • Yves KLEIN, Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960, pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile, 156,5x282,5 cm
  • GILBERT & GEORGE, The Singing Sculpture, 1970, performance
  • Arnulf RAINER, Müde Pose (Pose fatiguée), 1973, lavis d'encre de Chine, crayon gras et encre de couleur sur épreuve gélatino-argentique 47,2x59,5 cm
  • Joseph BEUYS, I like America and America likes me, 1974, performance
  • ORLAN, Le baiser de l'artiste, 1977 performance
  • Giuseppe PENONE, Souffle 6 [Soffio 6], 1978, terre cuite, 158x75x79 cm
  • Saburo MURAKAMI, Passage, 8 novembre 1994, reconstitution à Paris d'une performance de l'artiste réalisée à Tokyo en 1956 lors de la deuxième exposition Gutai. Sept châssis en bois recouverts sur chaque coté de feuilles de papier craft (14 feuilles) couvert de poudre d'or, 240x240 cm
  • Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery - The Value of a Line - group show. Dec. 31, 2013

Questionnements
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique - la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre. 
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

dimanche 22 janvier 2017

Performances

mask-horn.jpg

Rebecca HORN, Pencil Mask, 1972, lanières de cuir, métal et crayons

Fixé autour du visage, ce masque transforme la tête du porteur en instrument de dessin. Rebecca Horn en parle ainsi :
« Tous les crayons ont environ deux pouces de long et reproduisent le profil de mon visage en trois dimensions... Je bouge mon corps de gauche à droite devant un mur blanc. Les crayons font des marques sur le mur, l'image correspond au rythme de mes mouvements. »
Les crayons font de l'œuvre de Rebecca Horn, une œuvre menaçante. Cependant, ce masque est lié aux masques de plume de l'artiste - plumes qui ont également été une fois employées pour écrire.

heather_hansen.jpg

Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery - The Value of a Line - group show. Dec. 31, 2013

Utiliser son corps pour dessiner tel est l'approche de ses deux artistes américains : Heather HANSEN et de Tony ORRICO.

Heather Hansen passionnée de danse chorégraphie ses dessins, série de motifs géométriques et symétriques dont les longues trainées de fusain sur le papier résultent d’un enregistrement permanent de ses mouvements physiques. 

→ site : http://www.heatherhansen.net
→ vidéos : https://vimeo.com/hhansen

Quant à l'artiste Tony Orrico avec sa série Penwald Drawings, il se sert de son corps comme une forme de mesure. Effectuant une série de mouvements avec ses bras tendus créant ainsi des formes et des œuvres géométriques uniques tout en mettant l’accent sur une plus grande notion d’équilibre tout au long de la durée de ses dessins.

→ site : http://tonyorrico.com
→ vidéos : http://tonyorrico.com/penwald-drawings/archive/

vendredi 10 avril 2015

Liu Bolin à Paris

Artiste mondialement connu et reconnu pour sa série de photo–performances de camouflage Hiding in the City, Liu Bolin fait découvrir en exclusivité au public parisien des images créées à Paris et en Chine au cours des trois dernières années.

Liu Bolin
Target de Liu Bolin. Paris performance, 2015

Photographies, sculptures et installations
Du jeudi 19 mars au samedi 2 mai 2015
Galerie Paris-Beijing
62, rue de Turbigo - 75003 Paris

vendredi 24 octobre 2014

La chute

Chuter : basculer, tomber, verser ; 
[Familier] aller choir, dinguer, prendre un billet de parterre, prendre une bûche, prendre une gamelle, ramasser un gadin, ramasser une bûche, ramasser une pelle, s’allonger, s’étaler, se casser la figure, se casser la gueule, se fiche par terre, se rétamer, valdinguer.

Évoquer la chute, son mouvement dans une production que vous expliquerez en quelques mots.

La chute d’Icare, Bruegel l'ancien
La chute d’Icare, Bruegel l'ancien, huile sur bois, montée sur bois, 74 × 112 cm, 1558.

De nombreux historiens d’art se sont penchés sur le sens de ce tableau. Icare est une figure exemplaire du péché d’orgueil, de l'envie. C’est pourquoi une opposition peut être vue entre la figure du laboureur au premier plan du tableau, allégorie de l’espoir ou de l’espérance et celle d’Icare, allégorie de la chute, écho de la chute originelle qui compose l’arrière-plan des souffrances de l’homme déchu, condamné à se racheter par son travail. Mais Icare c’est aussi l’appel de la liberté et le rêve d’évasion. Prisonnier du roi Minos, il s’enfuit avec son père Dédale, dont l’ingéniosité leur fournit le moyen de cette fuite : les ailes.
Son seul « défaut » est de succomber à la griserie de la réussite.

Jacob Peter Gowi, La chute d'Icare, 1636
La chute d'Icare d'après Rubens, Jacob Peter Gowi, peinture sur toile, 195x180 cm, 1636

Référence artistiques possibles :
Chute d'Icare, Pieter Bruegel l'Ancien, huile sur toile, 73,5x112 cm, 1558, Musées Royaux des Beaux-arts, Bruxelles.
Bichonnade, 40, rue Cortambert, Paris, Jacques Henri Lartigue, photographie, 1905.
Derrière la gare Saint-Lazare, Paris, Henri Cartier Bresson, photographie, 1932.
Pleasures and Terrors of Levitation #37, Aaron Siskind, photographie, 1956.
Saut dans le vide, Yves Klein, photographie, 16 octobre 1960.
Broken Fall, Bas Jan Ader, performance, 1971.
Falling, Martin Kersels, triptypque photographique, 1994 : la cascade d’accidents corporels se poursuit avec les Falling Photos de Martin Kersels qui avant de faire des sculptures a étudié les lois de la gravité avec son propre corps. Prenant la forme d’un triptyque, les photographies sont comme autant d’arrêts sur image d’une chute. Encore suspendu dans les airs, le corps massif de l’artiste se découpe sur fond d’étendue neigeuse.


Denis Darzacq, Photographe
La série La Chute met en scène les corps en apesanteur de danseurs de Breakdance, de Capoeira et de danse contemporaine. Très pures, évitant aussi bien la pose habituelle du genre que la description, ces photographies qui mettent en valeur la performance physique dans sa perfection, mais aussi dans ses déséquilibres, mêlent une incroyable énergie au sentiment de la possible perdition. De fait, ces corps en apesanteur, qui ne sont jamais accompagnés d’ombre portée, deviennent des révélateurs de l’espace urbain. (source http://www.laboratoiredugeste.com)

lundi 12 octobre 2009

Position apparemment impossible

Réalisez une projet (croquis et texte) répondant au titre du billet - impliquant le corps et prenant en compte le lieu et l’espace comme éléments constitutifs de votre travail plastique.

L’artiste berlinois, Johan Lorbeer est devenu célèbre grâce à ses performances Still-Life (photo ci-dessus), exécutées dans des espaces publics. Plusieurs de ces happenings* montre Johan Lorbeer dans une position apparemment impossible.

Büro, Johan Lorbeer, 1999

Références : l’artiste Johan Lorbeer (http://www.johanlorbeer.com/), le photographe et performer chinois Li Wei (http://www.liweiart.com/), le photographe Denis Darzacq (http://www.denis-darzacq.com/)

Happening : utilisé pour la première fois par la langue française en 1963, ce substantif est emprunté à l'anglais (participe du verbe to happen). Durant la fin des années 1950, un happening était une performance (représentation), un événement ou une situation qui pouvait être considéré comme un art. Une traduction possible en français serait une intervention artistique. Le happening se distingue de la simple performance par son caractère spontané et le fait qu'il exige la participation active du public. Ainsi, pour Allan Kaprow : " Structurellement et philosophiquement, c’est la même chose " mais " la performance est en réalité un évènement artistique, et il se produit devant un public " contrairement au happening qui lui n'a pas de public.

Photographie de Li Wei
Love at the high place, Li Wei, 1er juillet 2004, Beijing