Ce mot change tout

Vous associerez à l'objet que vous avez choisi et apporté un mot, car ce mot nous donne à voir l'objet autrement, car ce mot change tout.

Comment le mot peut-il donner une nouvelle perception à un objet ? Comment construire du sens à partir d'éléments hétérogènes notamment textuels ?

  • Marcel DUCHAMP, En prévision du bras cassé, pelle à neige, 1915
  • Marcel DUCHAMP, Readymade aidé (À bruit secret), ficelle, cuivre, boulons, 12,9x13x11,4 cm, The Philadelphia Museum of Art, 1916.
    Le texte gravé dont certaines lettres ont été remplacées par des points est un mélange de français et d'anglais élaboré avec Walter Arensberg et difficile à déchiffrer. Censé révéler le secret, il l'amplifie.
    Sur une face : P.G .ECIDES DEBARRASSE. LE. D.SERT. F.URNIS.ENT .AS HOW.V.R COR.ESPONDS ;
    sur l’autre face : .IR. CAR.E LONGSEA F.NE, HEA., .OSQUE .TE.U S.ARP BAR.AIN
  • René MAGRITTE, La trahison des images, huile sur toile, 59x65 cm, 1928–1929
  • Joseph KOSUTH, One and three chairs, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot "chaise" dans le dictionnaire, 118x271x44 cm, 1965
  • Jenny HOLZER, Projections, Paris, 2009 (http://projects.jennyholzer.com/projections)

Magasin de Ben.jpg

Ben VAUTIER, Le magasin de Ben, 1958-1973, matériaux divers, 350x500x350 cm

Extrait du catalogue Collection art contemporain - La collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne , sous la direction de Sophie Duplaix, Paris, Centre Pompidou, 2007 

 En 1958, Benjamin Vautier crée à Nice son magasin au 32, rue Tondutti de l’Escarène. Proche des idées de Marcel Duchamp, Ben part du postulat que « tout est art ». Armé d’une patente de brocanteur, il vend et achète disques d’occasion, appareils photo et autres objets. Il présente par la suite dans le petit espace de la mezzanine des artistes tels que Robert Filliou ou La Monte Young. Le magasin, appelé le « Laboratoire 32 », puis la « Galerie Ben doute de tout », devient alors le Centre d’art total, un lieu de publications, de rencontres et de discussions, notamment avec des artistes de l’école de Nice, qui se forme à cette époque. S’y retrouvent par exemple des protagonistes du Nouveau Réalisme, du Non-Art ou de Supports/Surfaces – Ben soulignant l’importance historico-esthétique du lieu. Ben participe aux activités du mouvement Fluxus, qui rassemble depuis le début des années 1960 des artistes dont l’aspiration commune est de renforcer le lien entre l’art et la vie. Partageant les mêmes préoccupations, Ben contribue à faire connaître ces artistes en France. Il intègre lui-même le quotidien à ses propositions artistiques, tout en se souvenant des readymades de Duchamp. Dans son échoppe, il juxtapose de multiples éléments qui transforment l’espace en une sculpture en perpétuelle évolution : il l’appelle « N’importe quoi ». Le Magasin de Ben , après son démontage en 1972, est acquis par le MNAM et réaménagé progressivement par l’artiste pour lui donner une vie propre dans ce nouveau contexte.

Laboratoire 32