Mon cahier de troisième

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jeudi 20 avril 2017

CONFORM

« L’affiche n’a pas de sens en soi, mais elle existe uniquement pour pousser les gens à réagir, à la contempler et à lui chercher une signification. » Shepard Fairey

OBEY

À propos de la campagne OBEY, Shepard Fairey, 1989

La campagne OBEY peut s'expliquer comme une expérience en phénoménologie. Heidegger décrit la phénoménologie comme « le processus de laisser les choses se manifester ». La phénoménologie tente de permettre aux gens de voir clairement tout ce qui est juste devant leurs yeux, mais obscurci.
Le premier objectif de la phénoménologie est de réveiller un sentiment d'émerveillement sur son environnement. L'autocollant OBEY tente de stimuler notre curiosité et nous amène à nous interroger à propos du sticker et sa relation avec notre environnement.
Parce que nous ne sommes pas habitués à voir de la publicité ou de la propagande pour laquelle le sujet n'est pas évident, les rencontres fréquentes avec l'autocollant provoquent la frustration, tout en revitalisant la perception et l'attention. L'autocollant n'a aucun sens en soi, mais n'existe que pour faire réagir. Parce que OBEY n'a pas de sens réel, les diverses réactions et interprétations de ceux qui le voient reflètent leur personnalité et la nature de leur sensibilité. Beaucoup qui connaissent l'autocollant trouvent l'image elle-même amusante, ils la reconnaissent comme absurde et sont capables de tirer un plaisir visuel direct. De par sa présence omniprésente, le visuel peut cependant être confondu et condamné comme un culte underground avec des intentions subversives. Beaucoup d'autocollants ont d'ailleurs été décollés, car considérés comme un acte de petit vandalisme, ce qui est ironique compte tenu du nombre d'images graphiques commerciales auxquelles la société américaine est quotidiennement agressée.

CONFORM
Photogramme de They Live de John Carpenter

Créez une affiche pour/ contre... - non sans dérision, en économisant les moyens techniques mis en œuvre pour sa réalisation et en optimisant l’impact visuel.
Envisagez-la sous la forme d'un projet dessiné l'interaction de votre image avec l'espace urbain (manifestation, happening, affichage, diffusion de sticker, etc.). 

Verbalisation autour des affiches réalisées et analyses d’affiches historiques (mai 68) et d’œuvres marquantes d’artistes : John Heartfield, Barbara Kruger, Thomas Hirchhorn, Hans Haacke, Krzysztof Wodiczko, Ne pas Plier, La Coopérative des Malassis.

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle - l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation - la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
  • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

lundi 10 avril 2017

Ce mot change tout

Vous associerez à l'objet que vous avez choisi et apporté un mot, car ce mot nous donne à voir l'objet autrement, car ce mot change tout.

Comment le mot peut-il donner une nouvelle perception à un objet ? Comment construire du sens à partir d'éléments hétérogènes notamment textuels ?

  • Marcel DUCHAMP, En prévision du bras cassé, pelle à neige, 1915
  • Marcel DUCHAMP, Readymade aidé (À bruit secret), ficelle, cuivre, boulons, 12,9x13x11,4 cm, The Philadelphia Museum of Art, 1916.
    Le texte gravé dont certaines lettres ont été remplacées par des points est un mélange de français et d'anglais élaboré avec Walter Arensberg et difficile à déchiffrer. Censé révéler le secret, il l'amplifie.
    Sur une face : P.G .ECIDES DEBARRASSE. LE. D.SERT. F.URNIS.ENT .AS HOW.V.R COR.ESPONDS ;
    sur l’autre face : .IR. CAR.E LONGSEA F.NE, HEA., .OSQUE .TE.U S.ARP BAR.AIN
  • René MAGRITTE, La trahison des images, huile sur toile, 59x65 cm, 1928–1929
  • Joseph KOSUTH, One and three chairs, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot "chaise" dans le dictionnaire, 118x271x44 cm, 1965
  • Jenny HOLZER, Projections, Paris, 2009 (http://projects.jennyholzer.com/projections)

Magasin de Ben.jpg

Ben VAUTIER, Le magasin de Ben, 1958-1973, matériaux divers, 350x500x350 cm

Extrait du catalogue Collection art contemporain - La collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne , sous la direction de Sophie Duplaix, Paris, Centre Pompidou, 2007 

 En 1958, Benjamin Vautier crée à Nice son magasin au 32, rue Tondutti de l’Escarène. Proche des idées de Marcel Duchamp, Ben part du postulat que « tout est art ». Armé d’une patente de brocanteur, il vend et achète disques d’occasion, appareils photo et autres objets. Il présente par la suite dans le petit espace de la mezzanine des artistes tels que Robert Filliou ou La Monte Young. Le magasin, appelé le « Laboratoire 32 », puis la « Galerie Ben doute de tout », devient alors le Centre d’art total, un lieu de publications, de rencontres et de discussions, notamment avec des artistes de l’école de Nice, qui se forme à cette époque. S’y retrouvent par exemple des protagonistes du Nouveau Réalisme, du Non-Art ou de Supports/Surfaces – Ben soulignant l’importance historico-esthétique du lieu. Ben participe aux activités du mouvement Fluxus, qui rassemble depuis le début des années 1960 des artistes dont l’aspiration commune est de renforcer le lien entre l’art et la vie. Partageant les mêmes préoccupations, Ben contribue à faire connaître ces artistes en France. Il intègre lui-même le quotidien à ses propositions artistiques, tout en se souvenant des readymades de Duchamp. Dans son échoppe, il juxtapose de multiples éléments qui transforment l’espace en une sculpture en perpétuelle évolution : il l’appelle « N’importe quoi ». Le Magasin de Ben , après son démontage en 1972, est acquis par le MNAM et réaménagé progressivement par l’artiste pour lui donner une vie propre dans ce nouveau contexte.

Laboratoire 32

vendredi 24 février 2017

Attendus en fin de troisième

Carte

→ Compétences attendues en fin de cycle 4 en lien avec les domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture (cliquez pour agrandir)

Source : Projet de programme pour le cycle 4 du 9-15 avril 2015, Conseil supérieur des programmes

vendredi 17 février 2017

« Obey - Consume - Watch TV - Work - Sleep »

Extrait du film They Live de John Carpenter (1988)

They Live (Invasion Los Angeles, titre français) est un film de science-fiction de John Carpenter, d'après la nouvelle Les Fascinateurs (Eight O'Clock in the Morning) de Ray Faraday Nelson.
Synopsis : John Nada parcourt les routes à la recherche de travail comme ouvrier sur les chantiers. Embauché à Los Angeles, il rejoint un bidonville où il va entrer en possession d'une paire de lunettes hors du commun. Elles permettent de voir la réalité telle qu'elle est : le monde est gouverné par des extra-terrestres. 

Après avoir visionné la scène où le héros utilise la première fois les lunettes brièvement et collectivement commentée, concevez un projet en jouant tout comme l'extrait sur la dichotomie* du visible et non-visible. 

*Dichotomie : (du grec dikhotomos, division en deux), division qui marque l’opposition entre deux éléments.

En quoi notre rapport à la société de consommation, à la consommation, au fonctionnement de la marchandise peut être une source d'inspiration artistique ? 

Références artistiques possibles :

  • René MAGRITTE, La condition humaine, 1933, huile sur toile, 100x81 cm
  • Andy WARHOL, Brillo Box, 1964, sérigraphie et peinture polymère sur bois, 44x43x33,5 cm
  • Alain JACQUET, Camouflage Botticelli, Naissance de Vénus III, 1964, huile sur toile, 220x105 cm
  • Duane HANSON , Lady's Market, 1969, polyester, fibre de verre, peinture acrylique, peinture à l'huile, cheveu, prothèse oculaire, chariot de supermarché, boîte de conserve, 166x130x65 cm
  • Barbara KRUGER, I shop therefore I am (J'achète donc je suis), 1987, photomontage, sérigraphie sur vinyle, 281,90x287 cm
  • Liu BOLIN série Hiding in the City, photographies, depuis 2005
    « Il y a dix ans, mon atelier a été détruit par le gouvernement chinois. J’étais tellement en colère que j’ai décidé de créer une œuvre pour protester contre ce saccage. Je me suis mis à disparaître dans des décors qui ont une résonance pour la société et le genre humain [un kiosque à journaux, un supermarché, la Grande Muraille de Chine…]. Une fois que j’ai choisi le lieu, mon corps et mon visage sont peints dans les mêmes couleurs que le décor selon un quadrillage précis. Cette disparition de ma personne suscite à la fois un amusement et un malaise. C’est une manière de dénoncer les problèmes sociaux et les difficultés que nous rencontrons en Chine. »
  • Philippe RAMETTE, L'Ombre (de moi-même), 2007, installation
  • Oliver JEFFERS, Without a Doubt Part 1 (Dipped Paintings), huile sur toile partiellement  trempée dans l'émail, 2012
  • Ron ENGLISH , What's in your body ? Mc Supersized, XXIe

Cayetano FERRER

Cayetano FERRER

Cayetano FERRER, série City of Chicago, photographies, 2004-2008

Histoire des arts - Thématiques, objets d’étude possibles :
  • Les arts entre liberté et propagande (1910-1945)
    - Art et pouvoir : contestation, dénonciation ou propagande
  • Les arts à l’ère de la consommation de masse (de 1945 à nos jours)
    - Les arts face à la réalité contemporaine

lundi 13 février 2017

Autoréférencé

Proposer une nouvelle version d'une œuvre préalablement choisie et analysée. 

Appropriation : Dans le sens le plus étroit, on parle d'appropriation si « les artistes copient consciemment et avec une réflexion stratégique » les travaux d'autres artistes. Dans ce cas, l'acte de « copier » et son résultat doivent être compris également comme de l'art (sinon, on parle de plagiat ou de faux), cf. emprunt. 
Remake : (mot anglais), nouvelle version d'un film, d'une œuvre littéraire, théâtrale, etc.
Détournement : Le détournement est la réutilisation par un artiste de slogans, d'images publicitaires, de campagnes de marketing pour créer une nouvelle œuvre portant un message différent, souvent opposé au message original. C'est une sorte de parodie satirique, qui réutilise ou imite l'œuvre originale. Le détournement le plus connu est le détournement publicitaire. Le terme détournement fut d'abord employé par l'Internationale situationniste. Le détournement diffère de la récupération dans laquelle les œuvres sont destinées aux médias dominants. L'utilisation faite par Barbara Kruger du détournement popularisa la technique. (source Wikipédia)
Parodie : Imitation consciente et volontaire d’une œuvre littéraire ou artistique dans une intention moqueuse ou simplement comique.

Notions abordées : détournement, modèle, copie, citation, emprunt, appropriation, interprétation... 

En quoi l'art devient-il, en quelque sorte, conscient de lui-même, c'est-à-dire autoréférentiel et réflexif ? 

Références possibles :

  • Vénus d'Urbino du TITIEN (1538)/ Olympia d'Édouard MANET (1863)/ I Like Olympia in Black Face de Larry RIVERS (1970)
  • Les Ménines de Diego VÉLASQUEZ (1656)/ Las Meninas de Pablo PICASSO (1957)
  • La Joconde de Léonard DE VINCI (1503)/ L.H.O.O.Q. de Marcel DUCHAMP (1919)
  • La Grande odalisque de Jean-Auguste-Dominique INGRES (1814)/ Made in Japan de Martial RAYSSE (1964)
  • Le Cri d'Edvard MUNCH (1893)/ Le Cri d'ERRÓ (1967)
  • Gilles BARBIER, L'Hospice, 2002, installation 

Comparaison

Concert champêtre du TITIEN (1508-1509)
Le Jugement de Pâris, gravure de RAIMONDI (1514-1518)
Déjeuner sur l’herbe d'Édouard MANET (1863)

david-goliath.jpg

David avec la tête de Goliath du CARAVAGE (1606)/ Intervention d'Ernest PIGNON-ERNEST à Naples (1993)

vendredi 10 février 2017

Photographie non photographique

Vous réaliserez une photographie révélant des caractéristiques étrangères à la photographie, à la réalité du sujet.
Votre photographie et sa relation particulière au réel provoquent un dialogue entre l’image et son référent « réel », source d’expressions poétiques, symboliques, métaphoriques, allégoriques.

Vous prêterez attention au cadrage, au point de vue, à la lumière, à la mise au point [...] et n'utiliserez aucun filtre.

Photographie : technique qui permet d’obtenir une image durable par l'action de la lumière ; image obtenue par ce procédé.

Dès son invention, la photographie inaugure une nouvelle ère dans la représentation ; le procédé donne à voir une représentation du réel objective. L'homme ne représente plus le réel tel qu'il le voit et tel qu'il le peut, mais c'est le « réel » qui impressionne le support (par l'action directe de la lumière qui est réfléchie, ou émise, de l'objet à la surface sensible). Ainsi la photographie trouve rapidement son usage dans le reportage, dans l'anthropométrie (: inventée par Alphonse Bertillon). Les photographes ambitionnent de réaliser un « inventaire du monde ».

Toutefois, cette objectivité a ses limites. La photographie argentique permettait déjà de travestir la réalité, d'ajouter ou de retrancher des éléments d'une image (cf. photomontage) et avec l'avènement de la photographie numérique, ces trucages qui n'étaient auparavant accessibles qu'à des connaisseurs, deviennent presque à la portée de tous.
De plus, les choix du photographe importent : choix du sujet, du cadrage, de la mise au point, mais aussi du développement, du tirage (recadrage), des retouches, etc.

Le photographe interprète à sa façon le réel qui s'offre à lui. Ainsi, en noir et blanc, une ambiance peut être rendue dramatique par certaines techniques alors que la réalité ne l'était pas autant. Le simple fait d'attirer l'œil sur un élément, en le photographiant, modifie la perception des spectateurs (récepteurs de l'image) face à la globalité de la scène qui se voit de plus réduite à une ou plusieurs images.
S'ajoutent à cela les limites technologiques pour représenter les couleurs, les perspectives, les sujets en mouvement, etc. Un appareil photo ne retransmet pas exactement ce que l'observateur voit. Il peut déformer, créer des aberrations chromatiques, exagérer la perspective, etc.
(source Wikipédia)

Objectifs :

  • Produire des images et prendre conscience de leurs spécificités : la dématérialisation par exemple.
  • Appréhender les relations entre l’image et son référent : absence du référent, prégnance du référent, image comme référent.
  • Comprendre que « l’acte photographique » est porteur de sens.

Références artistiques :

  • Edouard STEICHEN, Rodin, 1903
  • Frank EUGENE, Adam et Eve, 1910
  • Paul STRAND, Photographie, 1917
  • Man RAY, Retour à la raison, 1923
  • Laszlo MOHOLY-NAGY, Sans titre, 1928
  • André KERTESZ, Distorsion, série, 1933
  • Lucas SAMARAS, Photo-Transformation,1973
  • Franco FONTANA, Comacchio, Italie, 1976
  • Cindy HERMANN, Untitled Film Stills #15, 1978
  • Jeff WALL, La chambre détruite, 1978
  • Jan DIBBETS, GDN Rotterdam, 1981
  • Paolo GIOLI, Torso, Omagio impuro a Bayard, 1983
  • Corinne VIONNET, Photo Opportunities, 2005-2014
  • Pictorialismes : documentaire de la collection PHOTO - les grands courants de la photographie d'Arte France, Camera lucida productions.
    La photographie est-elle un art ou une simple technique de reproduction du réel ? Le débat ressurgit à la fin des années 1880 avec le mouvement pictorialiste, qui rejette le réalisme et l’exactitude pour une photographie « artistique » dont les effets cherchent à rivaliser avec le dessin et la peinture.

Robert Demachy

Robert DEMACHY, Lutte (Camera Work 1904, N°5, janvier 1904, planche VI), 1904, Musée d'Orsay, Paris

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mardi 3 janvier 2017

Point et ligne sur plan

Comment peut-on organiser la surface dessinée, peinte d'une œuvre non figurative ? 

Références artistiques possibles :

  • Richard Paul LOHSE, 6 rangées de couleurs verticales systématiques, 1972, huile sur toile, Musée de Grenoble. L'organisation de la grille répond aux contraintes d'un carré latin de 6 lignes et colonnes (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Carré_latin).
     
  • BMPT est le nom d'un groupe de quatre artistes : Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, créé en décembre 1966, et dissous en décembre 1967.
    Dans ses peintures, le groupe BMPT marque le refus de communiquer le moindre message et s'abstient de toute émotion. Il revendique une répétition de motifs choisis :
    • Daniel Buren : sur des toiles de store à bandes verticales alternées, blanches et colorées, d’une largeur de 8,7 cm et de 2,50×2,50 m, Buren recouvre de blanc les deux bandes extrêmes de la toile.
    • Olivier Mosset : sur des toiles blanches de 2,50×2,50 m, Mosset peint, au centre, un cercle noir (diamètre intérieur : 4,5 cm, diamètre extérieur : 7,8 cm). 
    • Michel Parmentier : sur des toiles blanches de 2,50×2,50 m, Parmentier peint à la bombe des bandes horizontales, alternées gris et blanc, le blanc (en réserve) étant obtenu par le pliage horizontal de la toile avant qu'elle ne soit peinte. 
    • Niele Toroni : sur des toiles blanches de 2,50×2,50 m, Toroni applique des traces de pinceau No 50 à intervalles réguliers de 30 cm sur toute la surface.
     
  • Frank STELLA, Mas o Menos, 1964, poudre métallique dans émulsion acrylique sur toile, 300x418 cm
    Mas o Menos fait partie des Shaped Canevas (toiles mises en forme) réalisées par Frank Stella à partir du début des années 60.
    Ces œuvres se caractérisent par l’originalité de la forme de leurs châssis qui détermine l’orientation des motifs de l’espace pictural, des bandes colorées qui scandent la surface : l’espace intérieur obéit aux limites extérieures, il est comme déduit du cadre.
     
  • Sol LEWITT, Wall Drawing #2. Drawing Series II (A) (24 drawings), 1968 :
    Organisé au sein d’une grille, le Wall Drawing #2. Drawing Series II (A) (24 drawings) présente l’une des quatre sections d’un système fini de combinaisons. Vingt-quatre ensembles de seize carrés proposent ainsi, sur le mode du miroir (Mirror), les différentes permutations possibles de ligne droite positionnée dans les quatre directions géométriques fondamentales (verticale, horizontale, diagonale à 45 degrés de gauche à droite, et diagonale à 45 degrés de droite à gauche).
    Ce système est explicité par un diagramme inscrit au mur, à côté de l’œuvre.
    La technique utilisée est le crayon à mine, appliquée directement sur le mur (traité comme une page vierge) ; les mines sont taillées de manière spécifique et assemblées en faisceaux de trois pour tracer plusieurs lignes à la fois à intervalle régulier.

    Les dessins muraux de LeWitt reflètent tout à la fois l’extraordinaire cohérence de ses explorations systématiques (séries et combinaisons rigoureuses d’éléments géométriques) et l’étonnante diversité de sa pratique, aussi bien dans l’évolution des formes que des matériaux utilisés.
    Les dessins conçus pour être effectués par d’autres que l’artiste sont fondés sur :
    • un vocabulaire de départ restreint, avec des formes géométriques élémentaires : ligne droite ou non droite, ligne brisée, carré, grille, arc, cercle, etc. 
    • une évolution du vocabulaire vers des formes plus irrégulières et complexes telles les courbes, les boucles et une évolution du traitement avec l’emploi du crayon à mine, du pastel gras, de l’encre de Chine, de la peinture acrylique ou encore du graphite. (source : fiche pédagogique du Centre Pompidou-Metz : Sol LEWITT Dessins muraux de 1968 à 2007)

Sol Lewitt

Sol LEWITT, Drawing Series IV (A) with India ink washes (24 Drawings), March 1984, India ink wash

Installation de l'exposition Sol LeWitt: A Wall Drawing Retrospective | MASS, Stockholm
http://massmoca.org/sol-lewitt/

mardi 20 décembre 2016

Suspendre le temps

Évoquez la « suspension du temps » dans une production numérique que vous expliquerez en quelques mots. 

En quoi le numérique peut questionner la perception du temps du spectateur ? Comment l'œuvre confronte-t-elle le spectateur au temps ?

Référence artistiques possibles : 

  • Pieter BRUEGEL L'ANCIEN, Chute d'Icare, huile sur toile, 73,5x112 cm, 1558, Musées Royaux des Beaux-arts, Bruxelles. 
  • Jacques Henri LARTIGUE, Bichonnade, 40, rue Cortambert, Paris, photographie, 1905. 
  • Henri Cartier BRESSON, Derrière la gare Saint-Lazare, Paris, photographie, 1932. 
  • Yves KLEIN, Saut dans le vide, photographie, 16 octobre 1960. 
  • Bas Jan ADER, Broken Fall, performance, 1971. 
  • Martin KERSELS, Falling, triptyque photographique, 1994 : la cascade d’accidents corporels se poursuit avec les Falling Photos de Martin Kersels qui avant de faire des sculptures a étudié les lois de la gravité avec son propre corps. Prenant la forme d’un triptyque, les photographies sont comme autant d’arrêts sur image d’une chute. Encore suspendu dans les airs, le corps massif de l’artiste se découpe sur fond d’étendue neigeuse. 
  •  Denis DARZACQ, La série La Chute met en scène les corps en apesanteur de danseurs de Breakdance, de Capoeira et de danse contemporaine. Très pures, évitant aussi bien la pose habituelle du genre que la description, ces photographies qui mettent en valeur la performance physique dans sa perfection, mais aussi dans ses déséquilibres, mêlent une incroyable énergie au sentiment de la possible perdition. De fait, ces corps en apesanteur, qui ne sont jamais accompagnés d’ombre portée, deviennent des révélateurs de l’espace urbain. (source http://www.laboratoiredugeste.com)
  • BILL VIOLA, The Reflecting Pool, 1977-1979, vidéo
  • Douglas GORDON, 24 Hour Psycho, film réalisé en 1993.
    Cette œuvre est une version très ralentie du grand classique d’Alfred Hitchcock, Psychose (1960). Le film propose 2 images par seconde au lieu de 24. La version proposée par Gordon dure donc 24 heures au lieu de 109 minutes d’où le titre de « 24 Hour ». 

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation - la narration visuelle.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

lundi 19 décembre 2016

Vertoverie

En quoi l'expérimentation visuelle peut participer à la construction d'un langage ? Comment l'œuvre cinématographique ou vidéo expérimentale fait sens ?

Réalisez une très courte vidéo numérique, évoquant une journée. D'environ 50 secondes, elle répondra à un story-board et à un montage précis.
En s’appuyant sur ce que vous avez déjà vu dans d’autres disciplines, notamment en français, faites prendre conscience aux spectateurs des dispositifs artistiques (ou non) de la prise en charge de l'évocation.

Références possibles :

  • L'Homme à la caméra (en russe : Человек с киноаппаратом, Chelovek s kinoapparatom) est un film soviétique réalisé par Dziga Vertov en 1929. Tourné à Odessa et d'autres villes soviétiques, le synopsis de ce film muet repose sur le quotidien de ses habitants, du matin au soir (soit une journée), explorant toutes les facettes du travail, des loisirs, de la ville.
  • La Jetée est un film français de science-fiction de Chris Marker, sorti en 1962 et d'une durée de 28 minutes. Ce film expérimental est en fait, à l'exception d'un seul plan filmé, un diaporama de photographies en noir et blanc (un « photo-roman » selon le générique), commentées par un narrateur unique. Le film est accompagné d'une bande-son réalisée par Trevor Duncan. Cela donne à ce récit très singulier un fort contenu poétique et sert à représenter une face de la « réalité » : les souvenirs que l'on a d'un moment de sa vie sont partiels, tronqués.

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance - la narration visuelle

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

lundi 21 novembre 2016

« Pas l’ombre de lui-même »

Proposez un dispositif donnant à voir l'ombre de silhouettes d'objets alors même que ces objets sont absents.

En quoi la lumière ou l'ombre peuvent-elles faire sens dans une œuvre ? 

 Références artistiques possibles : 

  • Jean-Baptiste REGNAULT, L’Origine de la Peinture. 1786, à voir comme contre-exemple puisque l’ombre y représente de la façon la plus fidèle possible son modèle. 
  • Philippe RAMETTE, L’Ombre (de moi-même), 2007, installation. 
  • Tim NOBLE et Sue WEBSTER, François LORIOT et Chantal MÉLIA sont des exemples directement en lien avec l’incitation où il y a bien un décalage entre l’origine de l’ombre et celle-ci.
  • Jean-Léon GÉRÔME, Jérusalem dit aussi Golgotha, consumatum est, 1867.
  • Christian BOLTANSKI, Les Ombres, 198, installation, bougies et figurines sur équerres. L’intérêt de cette référence étant la bougie comme source lumineuse qui contribue au caractère poétique de l’œuvre. 
  • Sergueï EISENSTEIN, Ivan Le Terrible, 1945.
  • Tim BURTON, Vincent, 1982, court métrage d'animation.

Questionnements
  • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux. 
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

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