Mon cahier de quatrième

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mardi 13 juin 2017

Mon corps et rien d'autre... ou presque

Proposez une création centrée sur votre corps : votre corps sera matériau et/ou support de la production.
Prenez en compte votre corps en intégrant l’espace ou le contexte comme partie prenante de la réalisation.

Comment l’artiste utilise-t-il son corps comme support de production artistique ? Pourquoi l'auteur fait-il de son corps un médium artistique ? 

Objectif : 

  • Amener les élèves à comprendre que le corps de l'artiste peut être matériau de l'œuvre ; l'artiste peut-être à la fois concepteur, producteur et matériau de son œuvre.

Références possibles :

  • GILBERT & GEORGE, The singing sculpture, 1970, performance, galerie Sonnabend à New-York, USA
    Les artistes debout, généralement sur une table, entonnent en playback une chanson populaire connue durant la Seconde Guerre mondiale. Leur visage est peint. Un gant et une canne constituent les accessoires qu’ils s’échangent à la fin de la chanson. Cette œuvre définira les bases de leur vie comme sculpture vivante. Elle permet aux élèves de comprendre l’un des principes de la performance : être dans le même espace, à un instant donné, pour être témoin de l’œuvre en train de se faire. Le corps de l’artiste devient un langage artistique, les limites entre l’art et la vie disparaissent.
  • ORLAN, Action ORLAN-CORPS - Le Baiser de l'artiste, performance, 1977
  • Liu BOLIN, Hiding in New York (série), série de photographies, 2011
  • Erwin WURM, One Minute Sculptures, performances, série de photographies, 1997 - 1998
    Erwin Wurm s’est d’abord fait connaître, dans les années 1990, pour son utilisation du vêtement, présenté de façon isolée ou en association avec le corps, selon des configurations inédites et absurdes. Étiré, porté à contresens, superposé à l’excès, il offre autant de nouvelles propositions d’enveloppes pour le corps et suggère d’improbables morphologies. Dans les « One Minute Sculptures », des objets pris dans un environnement immédiat et des modèles faisant preuve d’une certaine « docilité » sont associés sans hiérarchie les uns aux autres ou à des éléments architecturaux (murs, sol…), en intérieur ou en extérieur, pour former autant de sculptures provisoires, reposant sur un équilibre précaire.
  • Willi DORNER, Bodies in Urban Space, performances, série de photographies depuis 2004
    S’immiscer dans un interstice, embrasser une colonne, s’imbriquer dans un banc, faire corps avec une porte : Willi Dorner(chorégraphe autrichien) invente de surprenantes sculptures humaines qui transforment la ville en un terrain de jeu. (photo ci-dessous).
Willi Dorner - Bodies in Urban Space

Questionnements
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique - la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre. 
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mardi 16 mai 2017

Mode d'emploi

Comment impliquer le public dans la création physique de l’œuvre conférant ainsi un nouveau statut à l’œuvre, au spectateur et à l’artiste ? 

Concevez puis réalisez un KIT* prêt à l'emploi qui permettrait à son possesseur en suivant le mode d'emploi de créer une œuvre prête à poser.

*KIT : ensemble des éléments constitutifs d’un objet qui sont vendus prêts à être assemblés, avec un plan de montage.

DIY (Do it yourself) est une appellation, dont une traduction littérale en français serait « Faites-le vous-même ».
Qu'est ce qui s'apparente à la philosophie du DIY ? 

  • Toute activité, où l'on n'est plus spectateur ou consommateur.
  • Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre.
  • Toute activité créatrice artisanale (non industrielle). 
  • Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.
  • Auto-édition de livres, magazines, bandes dessinées et de remplacement.
  • Groupes ou artistes solo libérant leur musique (musique libre) ou la finançant sans les maisons de disques.
  • La culture de la cassette et de la copie privée ou plus (dans la culture punk).
  • Création artisanale comme le tricot, la couture, des bijoux faits à la main, céramiques, etc. 
  • En informatique, les logiciels libres.
  • En comédie, le détournement situationniste ou tout simplement toute parodie.
  • L'auto-régulation, l'auto-organisation, la démocratie directe.
(source Wikipédia)

Références artistiques possibles, œuvres de :

  • Benjamin SABATIER
  • Eduardo KAC
  • Aram BARTHOLL
  • Rirkrit TIRAVANIJA
  • Andy WARHOL
  • Lawrence WEINER

lundi 1 mai 2017

« Re-enactment »

Mettez-vous en scène pour rejouer l'action d'un tableau célèbre.
Votre prestation suppose une étude préalable de l'œuvre, mais également l'écriture d'un court scénario, voire d'un story-board pour une meilleure prise en compte de la captation de l'événement.

Problématique : En quoi refaire, rejouer, réinterpréter interroge notre relation au réel ?  

Références artistiques possibles :

  • Cindy SHERMAN, Untitled film stills (images de plateau sans titre), 1977-1980, photographies en noir et blanc
  • Douglas GORDON, 24 Hour Psycho, 1993, vidéo
  • Pierre JOSEPH, Little Democraty, 1997, 20 sérigraphies en quadrichromie (: 20 personnages vivants à réactiver : Plongeur ; Cow-boy ; Superman ; La Fée ; Moine ; Paintballer ; Policier ; Guerrier médiéval ; Lépreuse ; Convalescent ; Oogie ; Pilote auto ; Motard ; Catwoman ; Toréador ; Virginie ; Répliquante ; Sorcière & Voleurs de couleurs ; Cupidon ; Blanche-Neige)
  • RANCINAN, Raft of Illusions (Le Radeau des illusions), Freedom Unveiled (La Liberté dévoilée), 2008, photographies de la série des Métamorphoses 
  • HOPPER VU PAR… Huit réalisateurs européens, tous fascinés par l’univers du peintre Edward Hopper, se sont inspiré de l’un de ses tableaux pour en tirer chacun un film de fiction , coproduction ARTE France/ En haut des marches, 2012
    • MOUNTAIN de Martin de Thurah, d’après « Cape Cod Evening » (11 min) 
    • BERLIN NIGHT WINDOW de Hannes Stöhr, d’après « Night Windows » (6 min), musique du DJ berlinois Paul Kalkbrenner, avec Rita Langiez
    • NEXT TO LAST (Automne 63) de Mathieu Amalric, d’après « Sun in an empty room » (5 min) avec la voix de Frederick Wiseman (rôle de Hopper)
    • HOPE de Dominique Blanc, d’après « A woman in the sun » (5 min) avec Clémence Poesy
    • FIRST ROW ORCHESTRA de Sophie Fiennes, d’après « First Row Orchestra » (4 min)
    • CONFERENCE DE NUIT de Valérie Mréjen, d’après « Conference at night » (5 min) avec Antoine Chappey, Marily ne Canto, Pierre Baux
    • LA MUSE de Sophie Barthes, d’après « Nighthawks » (5 mn) avec Michael Stuhlbarg, Rebecca Brooksher
    • RUPTURE de Valérie Pirson, d’après « Summer Evening » (animation – 4 min)
Shirley 
Photogramme de Shirley, un voyage dans la peinture d'Edward Hopper, un film réalisé par Gustav Deutsch, 2013

* Re-enactment
Le re-enactment est un jeu de rôle grandeur nature, dans lequel les participants recréent une période historique donnée ou plus particulièrement un événement passé. Le re-enactment met en scène la plupart du temps des batailles et faits d’armes. La base historique est cependant interprétée par les re-enactors qui n’hésitent pas à inventer des saynètes plausibles et à broder autour de leurs connaissances. Nous ne sommes pas en présence de ce qui pourrait s’apparenter à un spectacle.
Le phénomène tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, dans son acception moderne, débute avec les commémorations en 1960 du centenaire de la Guerre civile américaine (1860-1865) aux États-Unis. On pourrait cependant remonter les origines du re-enactment jusqu’au temps de l’Empire romain. Les Romains reconstituaient en effet des batailles navales fameuses dans le Colisée, appelées Naumachiae, en inondant celui-ci.

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle - l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation. 
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre. 
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
  • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mardi 14 mars 2017

Action ! Images, corps et mouvements

Le corps à l'œuvre

Disparaissant en tant qu’image, le corps devient perceptible sur la toile comme trace réelle de l’artiste à l’œuvre. Quittant le chevalet pour se poser au sol, ou se dressant à la verticale pour épouser l’espace du mur, la toile est le support d’une création qui repose sur le geste renvoyant à un corps unique, celui de l’artiste. Les Drippings de Pollock, qui marquent toute la génération de l’Expressionnisme abstrait, de De Kooning à Motherwell et à Kline, les tracés brouillés et griffés de Twombly, les empreintes du corps des modèles-pinceaux de Klein, ou celles du corps de l’artiste chez Penone, caractérisent cette nouvelle acception du corps dans l’art du XXe siècle. (source Centre Pompidou)

Comment les mouvements du corps de l'auteur peuvent-ils faire œuvre ? 

Action : Dans l'art contemporain, l' « action » assimile l'artiste à un « acteur ». Cette conception intervient également dans diverses formes de peinture gestuelle, et plus précisément l'expressionnisme abstrait. Déjà avant la Seconde Guerre mondiale, les futuristes, les dadaïstes et les surréalistes considéraient les actions dans les lieux publics comme des compléments naturels de leurs autres modes d'expression artistique. 

Happening : Forme d'action art proche du pop art qui se développe dans les années 1960 et vise à l'effacement de la frontière entre l'art et la vie de tous les jours, l'artiste et son public, organisant de grandes actions le plus souvent en plein air, dont le déroulement est indiqué dans son ensemble par l'artiste mais laisse place aux interprétations. Le happening ne comporte pas de répétition et n'a lieu en règle générale qu'une fois. Il se fonde sur la vue et le toucher. L'intégration du public est censée amorcer une transformation de ses habitudes visuelles et conceptuelles. Le terme provient des 18 happenings in 6 Parts organisés par Allan Kaprow en 1959 à New York.

Performance : Le terme de performance emprunté à l'anglais — où il y a le sens du spectacle, représentation, sert aujourd'hui à désigner toutes les activités artistiques qui se déroulent devant un public et font intervenir la musique (art sonore), la danse, la poésie, le théâtre ou la vidéo, ou une quelconque combinaison de ces arts.

Références artistiques possibles :

  • Jackson POLLOCK, Number 26 A, « Black and White », 1948, peinture glycérophtalique sur toile, 205x121,7 cm
  • Yves KLEIN, Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960, pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile, 156,5x282,5 cm
  • GILBERT & GEORGE, The Singing Sculpture, 1970, performance
  • Arnulf RAINER, Müde Pose (Pose fatiguée), 1973, lavis d'encre de Chine, crayon gras et encre de couleur sur épreuve gélatino-argentique 47,2x59,5 cm
  • Joseph BEUYS, I like America and America likes me, 1974, performance
  • ORLAN, Le baiser de l'artiste, 1977 performance
  • Giuseppe PENONE, Souffle 6 [Soffio 6], 1978, terre cuite, 158x75x79 cm
  • Saburo MURAKAMI, Passage, 8 novembre 1994, reconstitution à Paris d'une performance de l'artiste réalisée à Tokyo en 1956 lors de la deuxième exposition Gutai. Sept châssis en bois recouverts sur chaque coté de feuilles de papier craft (14 feuilles) couvert de poudre d'or, 240x240 cm
  • Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery - The Value of a Line - group show. Dec. 31, 2013

Questionnements
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique - la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre. 
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

dimanche 29 janvier 2017

Du temps ! Part.2

NIJUMAN NO BOREI (200000 Fantômes) de Jean-Gabriel PÉRIOT, 2007

samedi 28 janvier 2017

Du temps !

Engager votre projet en prenant en compte de cette exclamation :

Du temps !

Vous rendrez compte des étapes de votre travail et de vos questionnements par des traces écrites, par des croquis, seul ou en groupe.
  • Comment le temps apparaît-il au sein de votre production plastique ? 
  • Comment votre travail confronte-t-il le spectateur au temps ? 
  • Quel rôle le temps joue-t-il dans la perception du spectateur ?

Par un suivi régulier — dialogue et lecture des notes de recherches et l'étude de références, l'évaluation portera également sur la démarche suivie, les étapes franchies, le résultat obtenu, les savoirs acquis.

Références artistiques envisagées :

  • Sam TAYLOR-WOOD, Still Life, 2001, vidéo de 3 min 44
  • Michel GONDRY, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, 2004
  • Stanley KUBRICK, 2001, Odyssée de l'espace, 1968
  • Christian BARCLAY, The Clock, 2010
    The Clock de Christian Marclay est une œuvre audiovisuelle d’une durée de 24 heures. Son mécanisme cinématographique est réglé avec la précision d’une horloge et se métamorphose en machine à remonter le temps rythmant, minute par minute, un siècle de cinéma. Christian Marclay y orchestre des milliers d’extraits de films, puisés dans toute l’histoire du cinéma pour composer cette mécanique qui indique l’heure en temps réel, dans chacun des lieux où elle est présentée. Des comédies en noir et blanc aux séries B, des films d’avant-garde aux films à suspens, tous rendent visible le temps qui passe à travers la succession des plans d’horloges, de réveils, d’alarmes, de montres, d’actions ou de dialogues illustrant cet implacable écoulement du temps. Une histoire du cinéma, qui se confond avec notre histoire personnelle – notre horloge biologique, par le truchement du temps réel.
  • Duane MICHALS, Things are Queer (les choses sont bizarres), 1973
    Entre rêve et réalité, les petites histoires mises en scène par l’Américain Duane Michals (né en 1932) bousculent nos repères et bouleversent le regard posé sur les choses. La série Things are Queer (1973) n’échappe pas à la règle, déroulant en neuf séquences un scénario où l’irrationnel surgit de l’apparente banalité.
    Une salle de bains, froide et anonyme, sans signe particulier. La première et la dernière photographie de la série sont identiques. Nous ne verrons pourtant pas de la même manière l’ultime photographie après avoir regardé les sept intermédiaires. Le spectateur revient à son point de départ, mais après un cheminement qui n’aura cessé de brouiller ses repères, en faisant basculer l’espace et ses objets, a priori familiers, dans une autre dimension.
  • Claude MONET, La cathédrale de Rouen, 1892-94
    La série des Cathédrales de Rouen est un ensemble de 30 tableaux peints par Claude Monet représentant principalement des vues du portail occidental de la cathédrale Notre-Dame de Rouen (deux autres tableaux représentent la cour d'Albane), peintes à des angles de vues et des moments de la journée différents, réalisées de 1892 à 1894.
  • On KAWARA, Date Painting, 1992-1993
    Depuis le milieu des années 1960, l’œuvre d’On Kawara repose en grande partie sur les données biographiques de son expérience de l’espace-temps.
    Le 4 janvier 1966, On Kawara peint la première de ses Date Paintings [Peintures de date], basées sur un protocole rigoureux : un monochrome d’une couleur foncée au centre duquel est peinte en blanc la date du jour de réalisation de la toile, dans la langue du pays où l’artiste se trouve à ce moment-là. Chaque peinture est conservée dans une boîte en carton fabriquée sur mesure, et accompagnée d’une page du journal local daté du jour de sa réalisation.
  • Jean-Gabriel PÉRIOT, NIJUMAN NO BOREI (200000 Fantômes), 2007, film expérimental de 10 minutes
    Ce film composé de photographies provenant de sources hétéroclites (fonds publics, archives de la ville, photographies de particuliers, clichés que le réalisateur a lui-même réalisés sur place) parvient, à partir de fragments de mémoires individuelles, à (re)construire une mémoire collective.

Bill VIOLA, The Reflecting Pool, 1977-79, vidéo, 6 min 58

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation - la narration visuelle. 
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
  • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

jeudi 5 janvier 2017

Nouvelle affectation

Le 20e siècle produit en masse des objets. Utilitaires, fonctionnels, ils répondent à des besoins précis, à un moment donné. Ils ont une valeur marchande et entrent dans les échanges économiques et, hors d’usage, démodés ou cassés, finissent au rebut, dans les décharges. Penser à l’objet, c’est penser au sujet : celui qui le désire, l’achète, l’utilise, le vend, le jette. C’est aussi penser à la beauté et à la laideur, à l’utile et à l’inutile.

Au CDI, plusieurs pistes de recherche, sources d'inspiration peuvent être travaillées :

  • L'objet dans la nature morte.
  • L’objet et la beauté - le design.
  • L'objet comme matériau - la récupération.
  • Le détournement.

Vous avez à proposer dans votre réalisation une réflexion (: carte heuristique, croquis, références) sur le changement de statut de l'objet, de comment un objet peut être autre chose que ce pourquoi il a été conçu.

Références artistiques possibles :

  • Marcel DUCHAMP, Porte-bouteilles, 1914 et 1964, fer galvanisé, hauteur : 64 cm, diamètre : 42 cm
  • Henri LAURENS, La bouteille de Beaune, 1918, assemblage, bois et tôle de fer polychrome 66,8x27x24 cm
  • Raoul HAUSSMAN, Tête mécanique, 1919, marotte de coiffeur, bois et divers objets 32,5x 21x20 cm
  • Meret OPPENHEIM, Ma gouvernante, 1936, métal, chaussures, fil, papier, 14x 21x33 cm
  • Daniel SPOERRI, La douche - Détrompe l'œil, 1961, robinetterie de douche fixée sur une peinture (support panneau de bois)
  • Robert RAUSCHENBERG, Oracle, 1962-1965, installation sonore – 5 éléments montés sur roulettes, tôle galvanisée, métal, verre, bois, eau et systèmes électromécaniques (batteries, postes récepteurs, poste émetteur et haut-parleurs), dimensions variables.
  • Martial RAYSSE, Soudain l'été dernier, 1963, peinture acrylique sur toile et photographie, chapeau de paille, serviette éponge. 106x227x58 cm
  • George BRECHT, Three Arrangements (Trois installations), 1962-1973, bois peint, vinyle, métal et matériaux divers selon les objets présentés
  • Christian BOLTANSKI, Les archives de Christian Boltanski, 1989, boîtes en métal, photographies, lampes, fils électriques 270x693x35,5 cm
  • Oscar TUAZON, Tire test column, 2009, béton, pneus, grillage, contreplaqué, acier 300x80x80 cm

mardi 20 décembre 2016

Guide du regard

« La composition est une opération de la peinture par laquelle, dans une œuvre, on réunit les différentes parties. » — Alberti, De pictura, 1435

La composition est l'organisation des éléments visuels à l'intérieur des limites d'une image. Elle s'envisage comme pratique et réflexion au moment de la réalisation de l'image ou comme sujet de l'analyse d'une image existante.

Les éléments visuels pris en considération pour composer l'image :

  • la forme du cadre et ses proportions ; 
  • la ligne : le chemin visuel qui permet à l'œil de se déplacer dans le tableau ; 
  • la direction : les itinéraires visuels ; 
  • la forme : un espace géométrique ou organique ; 
  • la couleur et le ton : avec leurs diverses valeurs et intensités, 
  • les lumières et ombres ; 
  • les dimensions et proportions des formes les unes avec les autres ; 
  • la perspective : l'expression de la profondeur.

Réalisez une composition photographique ayant pour objet de guider le regard du spectateur vers un élément emblématique de votre image. Vous devrez remettre vos croquis préparatoires établissant la composition de l'image.

Références possibles :

  • Piero della FRANCESCA, La Flagellation du Christ, entre 1444 et 1478, tempera sur bois de peuplier, 58,4x81,5 cm, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino (Italie)
  • École de Fontainebleau, Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs, 1594-1595, huile sur panneau de chêne, 96x125 cm, Musée du Louvre, Paris
  • Diego VELÁSQUEZ, Les Ménines, 1656, huile sur toile, 318x276 cm, Musée du Prado, palais du roi Philippe VI, Madrid (Espagne)
  • Théodore GÉRICAULT, Le Radeau de la Méduse, 1818-1819, peinture à l'huile, toile sur bois, 491x716 cm, Musée du Louvre, Paris
  • Eugène DELACROIX, La Liberté guidant le peuple, 1830, peinture à l'huile, 260x325 cm, Musée du Louvre, Paris

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction :  le dispositif de représentation - la narration visuelle 

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

lundi 19 décembre 2016

Immersion au cœur de...

« L'art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu'à les exprimer. » Henri Bergson

Proposez une maquette d'un environnement* immersif et éventuellement interactif, dans lequel le spectateur serait amené à ressentir un sentiment que vous aurez au préalable choisi et défini. Votre projet détaillera les étapes de la réalisation et anticipera les difficultés éventuelles.

En quoi l’immersion et l’interaction seraient source d’une expérience esthétique singulière ? En quoi l’action ou l'interaction du spectateur dans l'œuvre modifierait la réception de celle-ci et ainsi l’expérience ?

* Environnement : espace aux dimensions souvent architecturales ayant une signification plastique, lieu d'échange entre l'œuvre et le contexte.

Références possibles :

  • Johan THURFJELL, Do you have the shine ? 2003, vidéo, 5'45
  • Veronica JANSSENS, Red, Blue & Yellow, 2001
    La pratique artistique d'Ann Veronica JANSSENS pourrait se définir comme une recherche basée sur l'expérience sensorielle. Par divers types de dispositifs (installations, projections, environnements immersifs, interventions urbaines, sculptures), Ann Veronica Janssens invite le spectateur à franchir le seuil d'un espace sensitif nouveau. Spatialisation et diffusion de lumière, rayonnement de la couleur, impulsions stroboscopiques, brouillards artificiels, surfaces réfléchissantes ou diaphanes sont autant de moyens lui permettant de révéler l'instabilité de notre perception du temps et de l'espace. Les propriétés des matériaux (brillance, légèreté, transparence, fluidité) ou les phénomènes physiques (réflexion, réfraction, perspective, équilibre, ondes) sont ici questionnés avec rigueur dans leur capacité à faire vaciller la notion même de matérialité. (source Wikipédia)
  • Maurice BENAYOUN, World skin, 1997, Cave® installation
  • Yayoi KUSAMA, Dots Obsession, 1998
  • Christa SOMMERER & Laurent MIGNONNEAU, Trans Plant, 1995
  • Char DAVIES, Osmose, 1995
    Osmose is an immersive interactive virtual-reality environment installation with 3D computer graphics and interactive 3D sound, a head-mounted display and real-time motion tracking based on breathing and balance. Osmose is a space for exploring the perceptual interplay between self and world, i.e., a place for facilitating awareness of one's own self as consciousness embodied in enveloping space.

Questionnement
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mercredi 7 décembre 2016

Signe le paysage

Laissez une trace dans le paysage. Prenez une photographie de votre intervention artistique en choisissant le point de vue et l'angle qui le mettra en valeur.

Comment l’espace naturel peut-il devenir œuvre ? (cf. Signer le paysage, académie de Grenoble)

Références possibles :

  • Richard LONG, A line made by walking, 1967, Angleterre, Land Art*
  • Michael HEIZER, Nine Nevada Depressions/Rift (Crevasse) n°1, 1968, 1500 kg de terre, 158x4,5x3 mètres
  • Denis OPPENHEIM, Annual Rings, 1968, frontière États-Unis/Canada, 45,7x60,9 m, États-Unis, 13h30, Canada, 14h30
  • Robert SMITHSON, Spiral Jetty, avril 1970, 457x4,5 mètres, Earthwork**
  • Nils UDO, Miroir, terre, eau, baies de sorbier, herbes tressées, 1999, Allemagne, photographie d'une installation éphémère

goldsworthy-screen.jpg

Andy GOLDSWORTHY, Out early morning calm (Calme au petit matin, tiges de polygonum poussées au fond du lac, forme achevée par son reflet), Derwent Water, Cumbria (Angleterre), 8 et 9 mars 1988,

Andy Goldsworthy travaille généralement en extérieur, avec des matériaux trouvés sur place. Il utilise quasi exclusivement des matériaux ou objets naturels (: neige, glace, feuilles d'arbres, tiges, galets, fleurs, etc.) pour ses œuvres et n'utilise généralement pas d'autres outils que ses propres mains et dents, des outils improvisés et éventuellement un opinel.
À l'instar de nombreux artistes du Land art, Goldsworthy considère ses œuvres, éphémères — le temps de dégradation pouvant varier de quelques secondes à plusieurs années : sculptures de glace qui ne durent qu'une saison, sculptures de sable sur une plage disparaissant à la première marée, constructions de pierre ou de métal qui ne subissent qu'une entropie naturelle.
La photographie joue un rôle crucial dans son art. Andy Goldsworthy conserve les traces de ses œuvres au moyen d'épreuves photographiques en couleur dont beaucoup sont accompagnées d'un titre sous forme de légende expliquant la genèse de l'œuvre.
Son intention n'est pas « d'apposer sa marque » sur le paysage, mais de travailler instinctivement avec lui, afin que ses créations manifestent un contact en harmonie avec le monde naturel.
« Mouvement, changement, lumière, croissance et altération sont l'âme de la nature, les énergies que j'essaie de faire passer à travers mon travail ».

(source Wikipédia)

* Land art : mouvement artistique dont les protagonistes interviennent directement sur le paysage comme matière première en y imprimant des marques souvent éphémères. L’œuvre se développe par étapes : projet, préparations, action, traces de l’action

.

** Earthwork, littéralement terrassement, est un terme anglais utilisé pour désigner une œuvre d'art créée dans la nature et dont le matériel de base est la terre. Alors que Land art désigne l'ensemble du courant artistique qui utilise la nature comme matériau, « earthworks » s'applique surtout pour les œuvres des artistes américains qui ont utilisé les déserts du sud-ouest pour lancer des projets utilisant de gros moyens techniques et laissant une trace définitive dans le paysage.

Questionnement
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

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