Histoire des arts


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jeudi 1 septembre 2016

Mort de Marc Riboud

Marc Riboud, le dernier des grands reporters de l'époque Capa & Cartier-Bresson, s'est éteint le 30 août dernier à l'âge de 93 ans.

Photographie de Marc Riboud

La Jeune Fille à la fleur — USA. Washington DC. 1967.
Une jeune fille américaine, Jan Rose Kasmir, affronte les forces américaines à l'extérieur du Pentagone pendant une manifestation contre la guerre au Vietnam. Cette marche a aidé au retournement de l'opinion contre ce conflit.
© Marc Riboud/Magnum Photos

dimanche 7 septembre 2014

The Time Elapsed Between Two Frames

The Time Elapsed Between Two Frames, Orly Zailer
The Time Elapsed Between Two Frames : 102 years. Great grandmother Maria on the right, around 1910. Great granddaughter Claire on the left, 2012.

In this ongoing project Orly Zailer has reproduced old photographs from various family albums with descendants of the people photographed in the original ones. She has chosen people with significant physical resemblance to their relatives. What initiated this project was a self portrait with her partner, reproducing a photograph of her parents which was taken 40 years earlier.

http://orly-zailer.com/

mardi 5 août 2014

Spectra de Ryoji Ikeda

La nuit du 4 au 5 août dernier, une tour de lumière brillait au-dessus de Londres pour marquer le centenaire du déclenchement de la Première Guerre Mondiale.
Intitulée Spectra et conçue par l'artiste japonais Ryoji Ikeda, l'œuvre monumentale dominera l'horizon du crépuscule tous les soirs jusqu'au 11 août.
L'événement fait partie de la série "Lights Out" faisant écho à une remarque faite par le secrétaire des Affaires étrangères Lord Grey quand la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne. « Les lampes s'éteignent dans toute l'Europe, » a-t-il dit, « nous ne les reverrons pas s'allumer de notre vie.» 

La pièce spectaculaire se compose de 49 projecteurs de forte puissance statiques installés à Victoria Tower Gardens, à côté de la Tamise, derrière la Chambre des Lords.
Bien qu'elle soit visible de n'importe où à Londres, Spectra offre une expérience très différente à Victoria Tower Gardens, où une composition sonore d'ondes sinusoïdales pures est jouée en continu. 

Spectra, Ryoji Ikeda, Centenaire du commencement de la Première Guerre Mondiale, Londres

Un faisceau de lumière s'elève au-dessus de Londres pour le Centenaire de la  Première Guerre Mondiale.

Londres, août 2014.jpg

« Spectra est une œuvre sculptée en son et en lumière, une sublime combinaison des mathématiques et de l'architecture » James Lingwood et Michael Morris (Artangel-Event).

vendredi 7 février 2014

Pour une pratique artistique de l'HdA

Vue 360° de la salle 213

L’Histoire des Arts invite les élèves à exercer un regard critique sur l’ensemble de leurs recherches et productions, à émettre des hypothèses, à établir des corrélations, à conceptualiser, à confronter des points de vue. Ici émerge une véritable pratique propre à l’HdA, que l’on associerait volontiers à toute pratique artistique. 

Aussi convient-il de tenter une exploration des différents aspects que pourrait revêtir cette pratique : 

  • Appréhender l’œuvre : percevoir et interroger l’œuvre en sollicitant tous ses sens — appréhender tant les constituants plastiques (formes, grandeur, format, échelle, matérialité, couleurs, ...) que les significations sous-jacentes.
  • Interroger le statut des œuvres : les situer dans la chronologie temporelle, dans l’espace, de questionner leur contemporanéité et le discours qui les commente, de les confronter.
  • Présenter des œuvres : donner à voir les œuvres sélectionnées, les présenter dans des dossiers, les exposer, à les mettre en valeur... Les élèves doivent se sentir responsables et auteurs de leur présentation. 
  • Réfléchir sur les enjeux professionnels. 
  • Conceptualiser : commenter ses prises de position, justifier ses choix d’œuvres, donner sens à sa production, construire une démarche personnelle et la justifier.

La pratique en Histoire des Arts se conçoit alors dans une perpétuelle auto interrogation de son parcours intellectuel, de ses expériences plastiques, littéraires ou musicales, du sens et des prises de position adoptées au cours de son cheminement.

jeudi 30 mai 2013

Exit Through the Kwik-E Mart

Photogramme

Canal+ a diffusé Exit Through the Kwik-E-Mart le 501ème épisode des Simpson (S23E15) invitant quatre superstars du street art américain Kenny Scharf, Ron English, Shepard Fairey et Robbie Conal.
Dans Exit Through the Kwik-E-Mart (en référence, bien sûr, à Exit Through The Gift Shop / Faites le Mur), Bart entame une carrière de street artist en réalisant des pochoirs et en collant des affiches du portrait de Homer/DOPE dans Springfield.
La chute est inattendue et l’épisode fait écho au débat actuel : le street art en galerie est-il encore du street art ?

jeudi 9 mai 2013

Polaroid SX-70

SX-70

" En plein jour et en quelques secondes, comme l'écriture invisible de notre enfance, les premiers contours d'une forme d'image apparaissent, puis, comme par magie, se modifient. Les couleurs se révèlent, au premier abord pâles, puis de plus en plus intenses, jusqu'à ce que, après quelques instants, mon ami sidéré tienne dans sa main un portrait en couleur de lui-même. "

L'invention du film couleur instantané Polaroid est en effet magique, mais la conception de l'appareil SX-70 est tout aussi surprenante. Connu pour son design élégant, le SX-70 est assez compact pour tenir dans une poche quand il est replié. Conçu par Henry Dreyfuss en 1972, le SX-70 a aidé la Société Polaroid à atteindre un plus large public en créant un appareil plus accessible, plus facile à utiliser et moins coûteux, mais logeant tout de même le mécanisme compliqué requis pour traiter le nouveau film de Polaroid.
Le SX-70 de Dreyfuss est fabriqué entre 1972 et 1981, la dernière aventure du creuset de la photographie instantanée de Polaroid. C'est le premier (et dernier) appareil instantané reflex mono-objectif, sa conception pliable posa à Dreyfuss des problèmes complexes concernant la gestion du chemin optique. Parmi les innovations, une batterie pour alimenter le moteur d'entraînement et le flash incorporé fut intégrée dans le bloc du film. Une attention toute particulière est accordée à la qualité de la construction et à la finition dans la mesure où le SX-70 vise les marchés professionnels et semi-professionnels.

Fictocryptokrimsograph
Roses, Gestural Swipes, Les Krims, Polaroid, 1974

Pour Fictocryptokrimsographs, publié en 1975, Les Krims (Leslie Robert Krims) utilisa un Polaroid SX-70 appareil photo pour prendre une série de 40 clichés. Le SX-70 a été choisi, pour sa facilité de transport et pour la possibilité de travailler le gel du polaroid pas encore sec, visqueux, un peu comme de la peinture lors du développement de la photo. Cette série est constituée de diverses images bizarres et plein d'humour, qui correspondent souvent à des jeux de mots ou à des parodies de la mode.

Celia, Los Angeles, 10 avril 1982, David Hockney
Celia, Los Angeles, 10 avril 1982, David Hockney, composite Polaroid, 1982

Au début des années 1980, Hockney commença à produire des collages photographiques de polaroids et d'impressions couleur, qu'il a appelé " joiners ". Du fait de l'utilisation de plusieurs polaroids ou photographies d'un seul et même sujet, Hockney a dû organisé une mosaïque, une image composite. Parce que les clichés sont pris sous des angles différents et à des moments légèrement différents, le résultat est un travail qui a une affinité avec le Cubisme.
La découverte des " joiners " s'est faite accidentellement. David Hockney a remarqué dans les années soixante que les photographes utilisaient très souvent des appareils photographiques avec des objectifs grand angle. Il n'aimait pas les photographies obtenues car elles avaient l'air un peu déformées. Alors qu'il travaillait sur une peinture à Los Angeles, il prit quelques polaroids de la salle et colla l'ensemble. En regardant la composition finale, il réalisa qu'il venait de créer un récit, comme si le spectateur a traversé la pièce. Il a alors commencé à travailler davantage avec la photographie et a cessé de peindre pendant un certain temps pour poursuivre exclusivement cette nouvelle technique.

jeudi 25 avril 2013

Banksy versus Bristol Museum

Can't beat the feelin'

Can't beat the feelin', Banksy
Napalm ou Can’t beat the feelin’, Banksy, 1994-2004

À propos de Can't beat the feelin' de Banksy :
Cette sérigraphie de 1994 de Banksy (réédition en 2004), travaillée par aplat fortement marqué par la technique du pochoir, représente trois personnages. Dans cette image essentiellement en noir et blanc, nous remarquons deux parties rehaussées en jaune (symbolisant certainement la richesse matérielle) : le personnage de Mickey Mouse et celui du clown Ronald Mc Donald’s. Tous deux encadrent une fillette nue ; ils paradent la tenant fermement par l’avant-bras. De part sa position centrale et l’absence de perspective dans cette image, cette fillette est le point central de la scène. Un œil avisé (aidé par la lecture du titre de la sérigraphie) reconnait immédiatement Kim Phuc, la petite vietnamienne de la célèbre photographie de guerre de Nick Ut (prix Pulitzer du journalisme 1973).

8 juin 1972, Trang Bang, Nick Ut

Le photographe Nick Ut avait immortalisé un groupe d’enfants fuyant les explosions de napalm sur leur village Trang Bang, le 8 juin 1972 (publiée le 12 juin 1972). La fillette, Kim Phuc, court les bras grand ouverts, le visage tordu de douleur en raison de ses brûlures. Elle vient de se débarrasser de ses vêtements en feu et fuit son village dévasté par les bombes au napalm.

Dans le cadre de l’oral de l’Histoire des arts au collège après l’analyse formelle de la sérigraphie, vous pourrez interroger le sens à donner :
- au rapprochement entre les personnages déguisés de Mickey Mouse et de Ronald Mc Donald’s et le personnage réel et nu de Kim. La photographie d’archive, témoignage d’un passé douloureux, s’invite ici entre deux mascottes du divertissement, icônes incontournables de la sociétés américaines ;
- à la juxtaposition de la silhouette dénudée de Kim, clairement un symbole de vulnérabilité et de faiblesse et des deux personnages américains, symboles de pouvoir et de puissance ;
- à l’ironie du sourire forcée et sinistre de Kim encadrée de ces mascottes héroïnes des parades habituellement sympathiques et amies des enfants ;
- à la représentation de cette parade et de ses titres : Napalm : produit militaire incendiaire ; Can’t beat the feelin’ : slogan publicitaire de Coca-Cola en 1987 ;
- à la violence de la situation : deux adultes tenant avec force une petite fille nue (Banksy fait certainement allusion au travail des enfants en Asie, thème repris dans le générique de l’épisode 3 de la saison 22 des Simpson auquel il a participé).

Dans cette œuvre engagée, Banksy dénonce avec ironie l’impérialisme américain au travers des symboles de réussite du capitalisme - Walt Disney et Mc Donald’s, nous invitant à réfléchir sur l’impact culturel de la société américaine et la politique ultra-libérale de leurs grandes multinationales dans le monde.

lundi 19 mars 2012

You are not yourself

You are not yourself, Barbara Kruger, 1984
You Are Not Yourself, photo, collage, 182.9 x 121.9 cm,1982 

Cette œuvre de Barbara Kruger reflète l'état d'esprit de son travail. Il s'agit d'un collage : une image publicitaire que l'artiste a récupérée dans un magazine féminin pour la modifier. L'image, représentant un visage féminin est ainsi déchirée donne l'impression d'un reflet dans un miroir brisé. À cette image Barbara Kruger ajoute un message en lettre noire. YOU ARE not YOURSELF - le " not " étant mêlé à l'image, le reste du texte, lui, bien visible encadré de blanc, comme découpé d'une autre page de magazine, à la façon d'une lettre anonyme. Ainsi le langage et l'image collaborent pour mettre en scène et dénoncer les manipulations des médias et de la publicité. Barbara Kruger dénonce l'image que la publicité et la société nous renvoient de nous-mêmes et le désir qu'elle produit, qui font de nous des simulacres de nous-mêmes, et créer ainsi une perte de l'identité individuelle au profit d'une identité de masse source de mal-être.

samedi 10 mars 2012

Untitled Film Stills de Cindy Sherman

« Bien que je n'aie jamais considéré mon œuvre comme féministe ou comme une déclaration politique, il est certain que tout ce qui s'y trouve a été dessiné à partir de mes observations en tant que femme dans cette culture. » Cindy Sherman

Untitled Film Stills (Photographie de plateau sans titre), années 1977-1980
Série d’environ 69 photos en noir et blanc qui reprend le genre des " stills " des films de série B des années cinquante. Chaque stills de Cindy Sherman est l’image d’une femme stéréotypée, dans un décor réel. Mais si les photos sont faciles à situer au premier regard, elles ont quelque chose d’inconfortable. C’est ce sentiment d’inquiétante familiarité qui est l’aspect le plus remarquable des stills. Pour le critique Els Barents, ce qui donne aux photos de Sherman une autre dimension que celle de simples stéréotypes, c’est qu’elle sait parfaitement ce qui se passe avec la femme qu’elle représente et qu’elle prend ses distances avec le personnage dans lequel elle s’est glissée. Elle se différencie autant du stéréotype de la star américaine comblée que son visage se différencie des innombrables représentations qu’elle en donne. Le visage de Cindy Sherman est une base neutre sur laquelle elle inscrit d’innombrables visages dans des myriades d’incarnations. Les stills alimentent de nombreuses théories. Pour l’historien d’art Richard Brillant, ils sont des autoportraits. Pour David Rimanelli, ils ne sont le portrait de personne puisque l’idée d’un sujet unitaire est en soi une fiction. Pour les féministes, les stills définissent le sexe féminin privé de son individualité par les conventions sociales. La femme Cindy Sherman ne peut se définir qu’à travers un répertoire de rôles indiquant les limites que la société impose aux femmes.
(source Wikipédia)

Photographie, 1978
Untitled Film Still #84, Cindy Sherman, 1978
photographie en noir et blanc, 30x40 inches (env. 75x100 cm), collection privée, New York.

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