lundi 1 mai 2017

« Re-enactment »

Mettez-vous en scène pour rejouer l'action d'un tableau célèbre.
Votre prestation suppose une étude préalable de l'œuvre, mais également l'écriture d'un court scénario, voire d'un story-board pour une meilleure prise en compte de la captation de l'événement.

Problématique : En quoi refaire, rejouer, réinterpréter interroge notre relation au réel ?  

Références artistiques possibles :

  • Cindy SHERMAN, Untitled film stills (images de plateau sans titre), 1977-1980, photographies en noir et blanc
  • Douglas GORDON, 24 Hour Psycho, 1993, vidéo
  • Pierre JOSEPH, Little Democraty, 1997, 20 sérigraphies en quadrichromie (: 20 personnages vivants à réactiver : Plongeur ; Cow-boy ; Superman ; La Fée ; Moine ; Paintballer ; Policier ; Guerrier médiéval ; Lépreuse ; Convalescent ; Oogie ; Pilote auto ; Motard ; Catwoman ; Toréador ; Virginie ; Répliquante ; Sorcière & Voleurs de couleurs ; Cupidon ; Blanche-Neige)
  • RANCINAN, Raft of Illusions (Le Radeau des illusions), Freedom Unveiled (La Liberté dévoilée), 2008, photographies de la série des Métamorphoses 
  • HOPPER VU PAR… Huit réalisateurs européens, tous fascinés par l’univers du peintre Edward Hopper, se sont inspiré de l’un de ses tableaux pour en tirer chacun un film de fiction , coproduction ARTE France/ En haut des marches, 2012
    • MOUNTAIN de Martin de Thurah, d’après « Cape Cod Evening » (11 min) 
    • BERLIN NIGHT WINDOW de Hannes Stöhr, d’après « Night Windows » (6 min), musique du DJ berlinois Paul Kalkbrenner, avec Rita Langiez
    • NEXT TO LAST (Automne 63) de Mathieu Amalric, d’après « Sun in an empty room » (5 min) avec la voix de Frederick Wiseman (rôle de Hopper)
    • HOPE de Dominique Blanc, d’après « A woman in the sun » (5 min) avec Clémence Poesy
    • FIRST ROW ORCHESTRA de Sophie Fiennes, d’après « First Row Orchestra » (4 min)
    • CONFERENCE DE NUIT de Valérie Mréjen, d’après « Conference at night » (5 min) avec Antoine Chappey, Marily ne Canto, Pierre Baux
    • LA MUSE de Sophie Barthes, d’après « Nighthawks » (5 mn) avec Michael Stuhlbarg, Rebecca Brooksher
    • RUPTURE de Valérie Pirson, d’après « Summer Evening » (animation – 4 min)
Shirley 
Photogramme de Shirley, un voyage dans la peinture d'Edward Hopper, un film réalisé par Gustav Deutsch, 2013

* Re-enactment
Le re-enactment est un jeu de rôle grandeur nature, dans lequel les participants recréent une période historique donnée ou plus particulièrement un événement passé. Le re-enactment met en scène la plupart du temps des batailles et faits d’armes. La base historique est cependant interprétée par les re-enactors qui n’hésitent pas à inventer des saynètes plausibles et à broder autour de leurs connaissances. Nous ne sommes pas en présence de ce qui pourrait s’apparenter à un spectacle.
Le phénomène tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, dans son acception moderne, débute avec les commémorations en 1960 du centenaire de la Guerre civile américaine (1860-1865) aux États-Unis. On pourrait cependant remonter les origines du re-enactment jusqu’au temps de l’Empire romain. Les Romains reconstituaient en effet des batailles navales fameuses dans le Colisée, appelées Naumachiae, en inondant celui-ci.

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle - l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation. 
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre. 
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
  • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

Géant ou minuscule, changement de monde

Proposez une photographie numérique (ou vidéo) de l'objet que vous avez choisi d'un point de vue singulier, afin de donner un sens tout personnel à la proposition suivante : « géant ou minuscule, mon objet change de monde ».
Accompagnez votre réalisation de croquis préparatoires et d'une note explicative.

Problématique :
En quoi la mise en scène de l’objet modifie-t-elle la perception du spectateur ? 

Références artistiques possibles :

  • René MAGRITTE, La chambre d'écoute, 1952, huile sur toile, 45x55 cm, The Menil Collection, Houston
  • Charles SIMONDS, Abandoned Observatory (Observatoire abandonné), 1975, argile et sable, 25x76x76 cm, Centre Georges Pompidou, Paris
  • Claes OLDENBURG, Chothes Pin, (Épingle à linge), 1976, acier, 13,70x3,70x1,40 m, Center Square Plaza, Philadelphie, USA
  • Jeff KOONS, Balloon Dog, 1994-2000, acier inoxydable, 3,07x3,63x1,14 m, Centre Georges Pompidou, Paris
  • Robert THERRIEN, No Title (Table and Four Chairs), 2003, aluminium, acier, bois et matière plastique, chaise : 2,86x1,43x1,73 m , table : 2,69x4,68x3,62 m, Tate/ National Galeries of Scotland
  • ROYAL de LUXE, La Géante du Titanic et le Scaphandrier, juin 2009, événement, Nantes - La Petite Géante est une marionnette de 5,5 m pour 800 kg et Le Géant, 10 m pour 2500 kg
  • Joana VASCONCELOS, Call Center, 2014-2015, téléphones analogiques, acier métallisé et thermo-laqué, système sonore et oscillateurs pilotés par microcontrôleurs, 10x0,80x2,99 m, The Tia Collection

Vue d'exposition - R Thierrien 

Robert THERRIEN, No title (Folding table and chairs, green), 2008, table : 2,44x3,04x3,04 m ; 4 chaises : 2,64x1,62x1,83 m chacune

Questionnements
  • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la mise en regard et en espace - la prise en compte du spectateur, de l’effet recherché. 
  • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo...). 
  • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
  • Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique. 

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

  • Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

  • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
  • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
* D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

À table ! Une œuvre « à manger »

Proposez une réalisation plastique bi ou tridimensionnelle qui suscitera chez le spectateur l'appétit.

  • La fiche accompagnant votre réalisation comportera obligatoirement une carte heuristique analysant la proposition - À table ! Une œuvre « à manger », un croquis couleur et une phrase d'explication. 

Questions : Comment une réalisation plastique peut-elle suggérer la nourriture ou le désir de nourriture ? Par quels moyens plastiques peut-on créer une réalisation « à manger » ?

Références artistiques possibles :

  • Peter CLAESZ, Nature morte à la tourte avec une dinde, 1627, huile sur bois, 75x132 cm, Rijksmuseum, Amsterdam
  • Claes OLDENBURG, Pastry Case I, 1961-1962, sculptures en plâtre peint, assiettes, plats et coupes, vitrine, 52,7x76,5x37,3 cm, MoMA, NY
  • Daniel SPOERRI, Le repas hongrois (tableaux-pièges, le restaurant de la galerie J. Paris), mars 1963, métal, verre, porcelaine, tissu sur aggloméré peint, 103x205x33 cm, 114 kg, Galerie J. 8, rue Montfaucon, Paris VI
  • Jannis KOUNELLIS, Senza titolo (Sans titre), 1969, acier, café moulu, 254x12x37 cm, série de 10 pesons en acier suspendus les uns aux autres et chargés de café moulu, Centre Pompidou, Paris
  • Gordon MATTA-CLARK, Food, 1971-1973, restaurant-coopératif, Soho, NY
  • Irving PENN, Frozen Foods with String Beans, 1977, photographie, NY
  • Vik MUNIZ, Action Photo, after Hans Namath (Pictures Of Chocolate), 1997, épreuve chromogénique, MoMA, NY
  • Rirkrit TIRAVANIJA, Soup/No Soup, événement public, avril 2012, Palais de Tokyo

Photographie de N Lesueur

Natacha LESUEUR, Sans titre, 2006, épreuve ilfochrome, 49x59 cm

Photographie de W Cotton

Will COTTON, Modern Times, 2015, huile sur toile, 152x243 cm
Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance
  • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

vendredi 21 avril 2017

Manipulation numérique

Affirmez l'essence digitale d'une photographie numérique en usant de toutes les opérations informatiques qui vous sembleront nécessaires. 

GLITCH : Un glitch est une défaillance électronique ou électrique qui correspond à une fluctuation dans les circuits électroniques ou à une coupure de courant (une interruption dans l'alimentation électrique), ce qui entraîne un dysfonctionnement du matériel informatique (hardware) et occasionne à son tour des répercussions sur les logiciels (software).
Le glitch art est l'esthétisation d'erreurs analogiques ou numériques, comme des artéfacts ou des bugs, par corruption de code ou de données ou manipulations d'appareils électroniques.
PIXEL : Le pixel (souvent abrégé px) est l'unité de base permettant de mesurer la définition d'une image numérique matricielle. Son nom provient de la locution anglaise picture element, qui signifie « élément d'image ».
JPEG (acronyme de Joint Photographic Experts Group) est une norme qui définit le format d'enregistrement et l'algorithme de décodage pour une représentation numérique compressée d'une image fixe.
(source Wikipédia)

En quoi la retouche numérique change-t-elle la photographie ? Quelle est la nature de l'image digitale ? 

Références artistiques possibles :

  • Nancy BURSON, Second Beauty Composites (: Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brooke Shields, Meryl Streep), 1982
  • AZIZ+CUCHER, Rick (série Dystopia), 1994, C-Print, 127x101,6 cm
  • SHREDDER 1.0
    En 1998, Mark Nappier crée un logiciel en ligne qui détruit (shred en anglais signifie déchiqueter, comme les machines à réduire en lanières les documents officiels) des pages web que l’on lui soumet. Affichant par couche les éléments mélangés, code source et images, textes, la page devient une version déformée "à la minute" de la page originale. 
    → Shredder
  • Andreas GURSKY, 99 Cent, 1999, 207x337 cm, épreuve chromogène
  • Friederike VAN LAWICK et Hans MÜLLER, Apollo from Olympia, 1999, photographie numérique contre-collée sur aluminium, 80x59 cm
  • Thomas RUFF, JPegs, 2004, C-print. 246x188 cm
  • Charlie WHITE, Champion, 2006, C-print, 126x110 cm
  • Desiree DOLRON, Xteriors XIII, 2001-2006, épreuve chromogène sur papier montée sur aluminium, 80x62 cm
  • JODI
    Le couple d’artistes belgo-hollandais Jodi (Joan Heemskerk et Dirk Paesmans), pionniers du net art, ont commencé par la production d’interface anti-ergonomiques, low-tech, sale et moche. La homepage changeante de leur site fait tout ce qu’il est possible de mauvais code pour votre navigateur : réduction de page, popups en chaine, lettres illisibles, etc.
    En 2006, ils participent à la Documenta avec "maxpaynecheatonly", une installation vidéo réalisée à partir du jeu "Max Payne", qu’il ont chargé d'erreurs 3D diverses, les mêmes que celle que l’on peut voir en jouant sur des jeux buggés, sauf qu’ici la vidéo n’est que bug. Un montage anarchique achève l'idée de faire de cette vidéo une expérience impossible.
  • SYSTAIME 
    De son vrai nom Michaël Borras, Systaime est un plasticien contemporain français qui travaille avec les possibilités de remix des bugs et autres glitches → systaime.com.

Desiree DOLRON, XTERIORS-XIII

Desiree DOLRON, Xteriors XIII, 2001-2006, épreuve chromogène sur papier montée sur aluminium, 80x62 cm

SYSTAIME

SYSTAIME | FRENCH TRASH TOUCH 2017, www.systaime.com

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance - la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique. 
  • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

jeudi 20 avril 2017

CONFORM

« L’affiche n’a pas de sens en soi, mais elle existe uniquement pour pousser les gens à réagir, à la contempler et à lui chercher une signification. » Shepard Fairey

OBEY

À propos de la campagne OBEY, Shepard Fairey, 1989

La campagne OBEY peut s'expliquer comme une expérience en phénoménologie. Heidegger décrit la phénoménologie comme « le processus de laisser les choses se manifester ». La phénoménologie tente de permettre aux gens de voir clairement tout ce qui est juste devant leurs yeux, mais obscurci.
Le premier objectif de la phénoménologie est de réveiller un sentiment d'émerveillement sur son environnement. L'autocollant OBEY tente de stimuler notre curiosité et nous amène à nous interroger à propos du sticker et sa relation avec notre environnement.
Parce que nous ne sommes pas habitués à voir de la publicité ou de la propagande pour laquelle le sujet n'est pas évident, les rencontres fréquentes avec l'autocollant provoquent la frustration, tout en revitalisant la perception et l'attention. L'autocollant n'a aucun sens en soi, mais n'existe que pour faire réagir. Parce que OBEY n'a pas de sens réel, les diverses réactions et interprétations de ceux qui le voient reflètent leur personnalité et la nature de leur sensibilité. Beaucoup qui connaissent l'autocollant trouvent l'image elle-même amusante, ils la reconnaissent comme absurde et sont capables de tirer un plaisir visuel direct. De par sa présence omniprésente, le visuel peut cependant être confondu et condamné comme un culte underground avec des intentions subversives. Beaucoup d'autocollants ont d'ailleurs été décollés, car considérés comme un acte de petit vandalisme, ce qui est ironique compte tenu du nombre d'images graphiques commerciales auxquelles la société américaine est quotidiennement agressée.

CONFORM
Photogramme de They Live de John Carpenter

Créez une affiche pour/ contre... - non sans dérision, en économisant les moyens techniques mis en œuvre pour sa réalisation et en optimisant l’impact visuel.
Envisagez-la sous la forme d'un projet dessiné l'interaction de votre image avec l'espace urbain (manifestation, happening, affichage, diffusion de sticker, etc.). 

Verbalisation autour des affiches réalisées et analyses d’affiches historiques (mai 68) et d’œuvres marquantes d’artistes : John Heartfield, Barbara Kruger, Thomas Hirchhorn, Hans Haacke, Krzysztof Wodiczko, Ne pas Plier, La Coopérative des Malassis.

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle - l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation - la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
  • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

lundi 10 avril 2017

Ce mot change tout

Vous associerez à l'objet que vous avez choisi et apporté un mot, car ce mot nous donne à voir l'objet autrement, car ce mot change tout.

Comment le mot peut-il donner une nouvelle perception à un objet ? Comment construire du sens à partir d'éléments hétérogènes notamment textuels ?

  • Marcel DUCHAMP, En prévision du bras cassé, pelle à neige, 1915
  • Marcel DUCHAMP, Readymade aidé (À bruit secret), ficelle, cuivre, boulons, 12,9x13x11,4 cm, The Philadelphia Museum of Art, 1916.
    Le texte gravé dont certaines lettres ont été remplacées par des points est un mélange de français et d'anglais élaboré avec Walter Arensberg et difficile à déchiffrer. Censé révéler le secret, il l'amplifie.
    Sur une face : P.G .ECIDES DEBARRASSE. LE. D.SERT. F.URNIS.ENT .AS HOW.V.R COR.ESPONDS ;
    sur l’autre face : .IR. CAR.E LONGSEA F.NE, HEA., .OSQUE .TE.U S.ARP BAR.AIN
  • René MAGRITTE, La trahison des images, huile sur toile, 59x65 cm, 1928–1929
  • Joseph KOSUTH, One and three chairs, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot "chaise" dans le dictionnaire, 118x271x44 cm, 1965
  • Jenny HOLZER, Projections, Paris, 2009 (http://projects.jennyholzer.com/projections)

Magasin de Ben.jpg

Ben VAUTIER, Le magasin de Ben, 1958-1973, matériaux divers, 350x500x350 cm

Extrait du catalogue Collection art contemporain - La collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne , sous la direction de Sophie Duplaix, Paris, Centre Pompidou, 2007 

 En 1958, Benjamin Vautier crée à Nice son magasin au 32, rue Tondutti de l’Escarène. Proche des idées de Marcel Duchamp, Ben part du postulat que « tout est art ». Armé d’une patente de brocanteur, il vend et achète disques d’occasion, appareils photo et autres objets. Il présente par la suite dans le petit espace de la mezzanine des artistes tels que Robert Filliou ou La Monte Young. Le magasin, appelé le « Laboratoire 32 », puis la « Galerie Ben doute de tout », devient alors le Centre d’art total, un lieu de publications, de rencontres et de discussions, notamment avec des artistes de l’école de Nice, qui se forme à cette époque. S’y retrouvent par exemple des protagonistes du Nouveau Réalisme, du Non-Art ou de Supports/Surfaces – Ben soulignant l’importance historico-esthétique du lieu. Ben participe aux activités du mouvement Fluxus, qui rassemble depuis le début des années 1960 des artistes dont l’aspiration commune est de renforcer le lien entre l’art et la vie. Partageant les mêmes préoccupations, Ben contribue à faire connaître ces artistes en France. Il intègre lui-même le quotidien à ses propositions artistiques, tout en se souvenant des readymades de Duchamp. Dans son échoppe, il juxtapose de multiples éléments qui transforment l’espace en une sculpture en perpétuelle évolution : il l’appelle « N’importe quoi ». Le Magasin de Ben , après son démontage en 1972, est acquis par le MNAM et réaménagé progressivement par l’artiste pour lui donner une vie propre dans ce nouveau contexte.

Laboratoire 32

LUMIÈRE ! Scène 1, Acte I.

À partir d'un objet que vous aurez apporté, réalisez une mise en scène de celui-ci en utilisant le matériel d'éclairage. Puis vous réaliserez une photographie en utilisant judicieusement les phylactères et onomatopées fournis sur lesquels seront notées des exclamations expressives.

Remarque : la pièce sera assombrie. Des lampes de poche et des filtres colorés seront mis à disposition.

En quoi la lumière peut-elle être exploitée pour ses qualités expressives ? Comment la lumière peut-elle transmettre une émotion au spectateur ? 

Extrait du film Nosferatu de Murnau

Références artistiques :

  • Johannes VERMEER, La Dame au collier de perles, huile sur toile, 55x45 cm, 1664
  • Claude MONET, Les Cathédrales de Rouen, série de 30 toiles, de 1892 à 1894
  • Casimir MALEVITCH, costumes, scénographie et lumières de Victoire sur le soleil, opéra de 1913
  • Robert WIENE, Le cabinet du Dr Caligari, film, 1919
  • Friedrich Wilhelm MURNAU, Nosferatu, 1922
  • Charles LAUGHTON, La nuit du chasseur, film, 1955 
  • Christian BOLTANSKI, Théâtre d'ombres, installation, 1984
  • Michel OCELOT, Princes et Princesses, animation, 2000
  • Charles BURNS, Black Hole, bande dessinée, 12 volumes de 1995 à 2005
  • Ted PIM, Ford Factory, Belfast, peinture murale, 2014

Objectifs : 

  • être capable de comprendre que la lumière, bien qu’élément immatériel, peut trouver sa place en tant que médium dans une réalisation plastique,
  • être capable de comprendre que la lumière peut contribuer à faire passer une émotion dans une œuvre (: valeur et qualité expressive de la lumière).

Blackhole-Burns.jpg
Charles BURNS, Extrait d'une planche de Black Hole, 1995-2005

Questionnements
  • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux - la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

  • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
  • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
* D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5Les représentations du monde et l’activité humaine

lundi 3 avril 2017

Autoportrait empreint d’émotion

Représentez une émotion qui vous caractérise dans votre autoportrait.

Problématiques : Comment représenter une émotion dans un autoportrait ? En quoi les constituants plastiques d’une œuvre participent à la représentation de l’expression d’une émotion ?

Références artistiques possibles : 

  •  les autoportraits de REMBRANDT, de Vincent VAN GOGH, d’Emmanuel RADNITSKY dit Man RAY et de Francis BACON.
  •  Vincenzo CAMPI, Les Mangeurs de Ricotta, 1580, Musée des Beaux-Arts de Lyon (fiche focus).

Gustave Courbet, Le Désespéré, 1845

Gustave COURBET, le Désespéré, 1843-1845, huile sur toile, 45x54 cm, Musée d'Orsay, Paris (http://www.musee-orsay.fr/)

Otto Dix en soldat

Otto DIX, Autoportrait en soldat, 1914 et Autoportrait en casque d’artilleur, 1914, huile sur papier, 68x53,5 cm, Galerie municipale, Stuttgart

Groupe du Laocoôn

Groupe du Laocoôn, œuvre des Rhodiens Agésandros, Athénodore et Polydore, vers 40 av. J.-C., musée Pio-Clementino, Vatican

Le groupe du Laocoôn est une sculpture grecque antique conservée au musée Pio-Clementino, au Vatican. Elle est en marbre à grains fins. Le groupe n'est pas issu d'un seul bloc de marbre, mais de 8 blocs. Elle mesure 2,42 m de hauteur et 1,60 de largeur. Elle représente le prêtre troyen Laocoon et ses deux fils attaqués par des serpents, scène décrite notamment dans l’Odyssée et l’Énéide. C'est l'une des œuvres les plus représentatives de l'art hellénistique. 

Cette œuvre reflète la grande maîtrise technique des trois sculpteurs rhodiens. La recherche du détail, notamment dans l'anatomie et la musculature montre l'héritage grec. La puissance de celle-ci est parfaitement rendue dans l'atmosphère très tendue de la scène. Le goût du pathétique, le pathos, du monde hellénistique trouve ici l'un de ses grands représentants. Les trois Rhodiens choisissent de représenter un moment précis du récit de la prise de Troie. Il s'agit d'une scène comme prise sur le vif, où la tension dramatique est traduite sur les visages des personnages, l'expressivité est rendue par des yeux exorbités, désespérés et éperdus. Laocoon, les muscles tendus, tente de se débarrasser du serpent qui l'enserre. Les sculpteurs se permirent beaucoup de libertés : les trois personnages sont représentés nus, nudité traditionnellement réservée aux dieux, aux héros ou aux athlètes. Laocoôn et ses fils sont tordus, torturés et cela se voit physiquement et moralement. Les serpents qui s'enroulent autour des personnages impuissants assurent un lien logique qui harmonise la lecture de l’œuvre. Laocoôn et un de ses fils sont acculés à l'autel ce qui permet aux Rhodiens d'accentuer la notion de fatalité. C'est un dieu qui a envoyé ces serpents, il n'y a donc pas d'échappatoire possible. Les jambes et les bras des personnages sont emprisonnés. Cependant, les Rhodiens n'ont pas choisi de représenter la mort de Laocoôn, mais le moment précis de sa souffrance et de celle de ses enfants. Comme les sculpteurs de Marsyas ont choisi de le représenter attaché à un arbre, attendant son châtiment. 

Il s'agit donc bien de la tension immédiate, prise sur le vif et dramatique qui intéresse les artistes du monde hellénistique pathétique. De plus, on retrouve certains traits des caractéristiques du goût hellénistique. La chevelure abondante, impétueuse aux mèches légèrement bouclées de Laocoôn, rappelle celle des portraits d'Alexandre ou celle du Vieux Centaure en bronze de la Villa d'Hadrien. L'expressivité et les visages torturés traduisent la même force, la même volonté de capter un infime moment, le plus dramatique.

(source Wikipédia)

Questionnements
  • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance - l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural
  • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les effets du geste et de l’instrument - la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent. 
  • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

  • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
* D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mardi 14 mars 2017

Action ! Images, corps et mouvements

Le corps à l'œuvre

Disparaissant en tant qu’image, le corps devient perceptible sur la toile comme trace réelle de l’artiste à l’œuvre. Quittant le chevalet pour se poser au sol, ou se dressant à la verticale pour épouser l’espace du mur, la toile est le support d’une création qui repose sur le geste renvoyant à un corps unique, celui de l’artiste. Les Drippings de Pollock, qui marquent toute la génération de l’Expressionnisme abstrait, de De Kooning à Motherwell et à Kline, les tracés brouillés et griffés de Twombly, les empreintes du corps des modèles-pinceaux de Klein, ou celles du corps de l’artiste chez Penone, caractérisent cette nouvelle acception du corps dans l’art du XXe siècle. (source Centre Pompidou)

Comment les mouvements du corps de l'auteur peuvent-ils faire œuvre ? 

Action : Dans l'art contemporain, l' « action » assimile l'artiste à un « acteur ». Cette conception intervient également dans diverses formes de peinture gestuelle, et plus précisément l'expressionnisme abstrait. Déjà avant la Seconde Guerre mondiale, les futuristes, les dadaïstes et les surréalistes considéraient les actions dans les lieux publics comme des compléments naturels de leurs autres modes d'expression artistique. 

Happening : Forme d'action art proche du pop art qui se développe dans les années 1960 et vise à l'effacement de la frontière entre l'art et la vie de tous les jours, l'artiste et son public, organisant de grandes actions le plus souvent en plein air, dont le déroulement est indiqué dans son ensemble par l'artiste mais laisse place aux interprétations. Le happening ne comporte pas de répétition et n'a lieu en règle générale qu'une fois. Il se fonde sur la vue et le toucher. L'intégration du public est censée amorcer une transformation de ses habitudes visuelles et conceptuelles. Le terme provient des 18 happenings in 6 Parts organisés par Allan Kaprow en 1959 à New York.

Performance : Le terme de performance emprunté à l'anglais — où il y a le sens du spectacle, représentation, sert aujourd'hui à désigner toutes les activités artistiques qui se déroulent devant un public et font intervenir la musique (art sonore), la danse, la poésie, le théâtre ou la vidéo, ou une quelconque combinaison de ces arts.

Références artistiques possibles :

  • Jackson POLLOCK, Number 26 A, « Black and White », 1948, peinture glycérophtalique sur toile, 205x121,7 cm
  • Yves KLEIN, Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960, pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile, 156,5x282,5 cm
  • GILBERT & GEORGE, The Singing Sculpture, 1970, performance
  • Arnulf RAINER, Müde Pose (Pose fatiguée), 1973, lavis d'encre de Chine, crayon gras et encre de couleur sur épreuve gélatino-argentique 47,2x59,5 cm
  • Joseph BEUYS, I like America and America likes me, 1974, performance
  • ORLAN, Le baiser de l'artiste, 1977 performance
  • Giuseppe PENONE, Souffle 6 [Soffio 6], 1978, terre cuite, 158x75x79 cm
  • Saburo MURAKAMI, Passage, 8 novembre 1994, reconstitution à Paris d'une performance de l'artiste réalisée à Tokyo en 1956 lors de la deuxième exposition Gutai. Sept châssis en bois recouverts sur chaque coté de feuilles de papier craft (14 feuilles) couvert de poudre d'or, 240x240 cm
  • Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery - The Value of a Line - group show. Dec. 31, 2013

Questionnements
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique - la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre. 
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mardi 7 mars 2017

De l’idée dans l’image

Proposez le projet d'une œuvre tridimensionnelle utilisant « Le poids des mots, le choc de l'image » (cf. slogan de Paris Match). Effectuez sur votre temps libre au CDI des recherches sur les artistes qui utilisent le texte, le langage dans leurs œuvres. 

Vous réaliserez des croquis accompagnés au choix d'une maquette (papier, carton, etc.) ou d'un photomontage ou d'une maquette modélisée en 3D.

Vocabulaire :

  • Environnement : transposition de l'espace scénique du tableau à celui de la réalité.
  • In situ : œuvre réalisée sur place.
  • Installation : environnement-cadre des actions, happenings et performances ; lieu de réflexion sur le "cadre " où l'art se manifeste.

Objectif : Distinguer la représentation d'une chose concrète et celle d'une idée.

En quoi la représentation d'une idée se distingue-t-elle de celle d'une chose concrète ?

Références possibles :

  • Eugène DELACROIX, La Liberté guidant le peuple, 1830, huile sur toile, 260x325 cm, Musée du Louvre
  • René MAGRITTE, La Trahison des images, 1929, huile sur toile, 59x65 cm
  • Joseph KOSUTH, One and Three Chairs, 1965, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot "chaise" dans le dictionnaire, 118x271x44 cm
  • BEN, Je peut tout me permettre, 1971, acrylique sur toile, 97x130 cm
  • Barbara KRUGER, You Are Not Yourself, 1982, photo collage, 182,9x121,9 cm
  • Christian ROBERT-TISSOT, Écran total, 1998, acrylique sur bois, métal, 311x730x11 cm

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance - la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
  • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

Écran total, Christian Robert-Tissot

Christian ROBERT-TISSOT, Écran total, 1998, acrylique sur bois, métal, 311x730x11 cm

Barbara Kruger à la galerie M Boone NY

Barbara KRUGER, Untitled, installation à la galerie Mary Boone Gallery, New York, Janvier 1991

vendredi 24 février 2017

Attendus en fin de troisième

Carte

→ Compétences attendues en fin de cycle 4 en lien avec les domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture (cliquez pour agrandir)

Source : Projet de programme pour le cycle 4 du 9-15 avril 2015, Conseil supérieur des programmes

jeudi 23 février 2017

Étranger à la peinture

Un élément nouveau est apparu dans cette peinture ancienne.

À partir d'une reproduction d'un tableau (daté entre le IXe et XVIIe siècle), créez un univers fictionnel intégrant un élément étranger.

  • Concevez votre projet avec l'idée de produire du sens ; réalisez un croquis sur papier avant de travailler l'image numérique.
  • Réalisez votre montage photographique en utilisant le logiciel The GIMP. 
  • Respectez le point de vue et la notion de profondeur du tableau quand vous placerez les éléments étrangers à la peinture.

Référénces possibles :

  • BANKSY, UFO, huile sur toile et aluminium, 2006 - Landscape Near Hartcliffe, huile sur toile, 2006
  • Martial RAYSSE, Made in Japan - La grande odalisque, 1964, peinture acrylique, verre, mouche en plastique, passementerie en fibre synthétique, sur photographie marouflée sur toile, 130x97 cm
    Avec la série « Made in Japan », Raysse convoque des icônes de l’histoire de l’art sur le mode du pastiche : Cranach l’Ancien (Conversation printanière, 1964), Tintoret (Suzanna, Suzanna, 1964), François Gérard et surtout Ingres, dont cette œuvre est une parfaite illustration.
  • Daniel SPOERRI, La douche (détrompe-l'œil), 1961, huile sur toile, robinetterie fixée sur bois, 70x98x18 cm, MNAM, Paris

Nymphéas de Banksy

BANKSY, Les Nymphéas, 2005, Bristol, UK

Questionnements
  • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance - les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.
  • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo...). 
  • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
  • Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique. 

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

  • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
  • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
* D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

vendredi 17 février 2017

« Obey - Consume - Watch TV - Work - Sleep »

Extrait du film They Live de John Carpenter (1988)

They Live (Invasion Los Angeles, titre français) est un film de science-fiction de John Carpenter, d'après la nouvelle Les Fascinateurs (Eight O'Clock in the Morning) de Ray Faraday Nelson.
Synopsis : John Nada parcourt les routes à la recherche de travail comme ouvrier sur les chantiers. Embauché à Los Angeles, il rejoint un bidonville où il va entrer en possession d'une paire de lunettes hors du commun. Elles permettent de voir la réalité telle qu'elle est : le monde est gouverné par des extra-terrestres. 

Après avoir visionné la scène où le héros utilise la première fois les lunettes brièvement et collectivement commentée, concevez un projet en jouant tout comme l'extrait sur la dichotomie* du visible et non-visible. 

*Dichotomie : (du grec dikhotomos, division en deux), division qui marque l’opposition entre deux éléments.

En quoi notre rapport à la société de consommation, à la consommation, au fonctionnement de la marchandise peut être une source d'inspiration artistique ? 

Références artistiques possibles :

  • René MAGRITTE, La condition humaine, 1933, huile sur toile, 100x81 cm
  • Andy WARHOL, Brillo Box, 1964, sérigraphie et peinture polymère sur bois, 44x43x33,5 cm
  • Alain JACQUET, Camouflage Botticelli, Naissance de Vénus III, 1964, huile sur toile, 220x105 cm
  • Duane HANSON , Lady's Market, 1969, polyester, fibre de verre, peinture acrylique, peinture à l'huile, cheveu, prothèse oculaire, chariot de supermarché, boîte de conserve, 166x130x65 cm
  • Barbara KRUGER, I shop therefore I am (J'achète donc je suis), 1987, photomontage, sérigraphie sur vinyle, 281,90x287 cm
  • Liu BOLIN série Hiding in the City, photographies, depuis 2005
    « Il y a dix ans, mon atelier a été détruit par le gouvernement chinois. J’étais tellement en colère que j’ai décidé de créer une œuvre pour protester contre ce saccage. Je me suis mis à disparaître dans des décors qui ont une résonance pour la société et le genre humain [un kiosque à journaux, un supermarché, la Grande Muraille de Chine…]. Une fois que j’ai choisi le lieu, mon corps et mon visage sont peints dans les mêmes couleurs que le décor selon un quadrillage précis. Cette disparition de ma personne suscite à la fois un amusement et un malaise. C’est une manière de dénoncer les problèmes sociaux et les difficultés que nous rencontrons en Chine. »
  • Philippe RAMETTE, L'Ombre (de moi-même), 2007, installation
  • Oliver JEFFERS, Without a Doubt Part 1 (Dipped Paintings), huile sur toile partiellement  trempée dans l'émail, 2012
  • Ron ENGLISH , What's in your body ? Mc Supersized, XXIe

Cayetano FERRER

Cayetano FERRER

Cayetano FERRER, série City of Chicago, photographies, 2004-2008

Histoire des arts - Thématiques, objets d’étude possibles :
  • Les arts entre liberté et propagande (1910-1945)
    - Art et pouvoir : contestation, dénonciation ou propagande
  • Les arts à l’ère de la consommation de masse (de 1945 à nos jours)
    - Les arts face à la réalité contemporaine

lundi 13 février 2017

Autoréférencé

Proposer une nouvelle version d'une œuvre préalablement choisie et analysée. 

Appropriation : Dans le sens le plus étroit, on parle d'appropriation si « les artistes copient consciemment et avec une réflexion stratégique » les travaux d'autres artistes. Dans ce cas, l'acte de « copier » et son résultat doivent être compris également comme de l'art (sinon, on parle de plagiat ou de faux), cf. emprunt. 
Remake : (mot anglais), nouvelle version d'un film, d'une œuvre littéraire, théâtrale, etc.
Détournement : Le détournement est la réutilisation par un artiste de slogans, d'images publicitaires, de campagnes de marketing pour créer une nouvelle œuvre portant un message différent, souvent opposé au message original. C'est une sorte de parodie satirique, qui réutilise ou imite l'œuvre originale. Le détournement le plus connu est le détournement publicitaire. Le terme détournement fut d'abord employé par l'Internationale situationniste. Le détournement diffère de la récupération dans laquelle les œuvres sont destinées aux médias dominants. L'utilisation faite par Barbara Kruger du détournement popularisa la technique. (source Wikipédia)
Parodie : Imitation consciente et volontaire d’une œuvre littéraire ou artistique dans une intention moqueuse ou simplement comique.

Notions abordées : détournement, modèle, copie, citation, emprunt, appropriation, interprétation... 

En quoi l'art devient-il, en quelque sorte, conscient de lui-même, c'est-à-dire autoréférentiel et réflexif ? 

Références possibles :

  • Vénus d'Urbino du TITIEN (1538)/ Olympia d'Édouard MANET (1863)/ I Like Olympia in Black Face de Larry RIVERS (1970)
  • Les Ménines de Diego VÉLASQUEZ (1656)/ Las Meninas de Pablo PICASSO (1957)
  • La Joconde de Léonard DE VINCI (1503)/ L.H.O.O.Q. de Marcel DUCHAMP (1919)
  • La Grande odalisque de Jean-Auguste-Dominique INGRES (1814)/ Made in Japan de Martial RAYSSE (1964)
  • Le Cri d'Edvard MUNCH (1893)/ Le Cri d'ERRÓ (1967)
  • Gilles BARBIER, L'Hospice, 2002, installation 

Comparaison

Concert champêtre du TITIEN (1508-1509)
Le Jugement de Pâris, gravure de RAIMONDI (1514-1518)
Déjeuner sur l’herbe d'Édouard MANET (1863)

david-goliath.jpg

David avec la tête de Goliath du CARAVAGE (1606)/ Intervention d'Ernest PIGNON-ERNEST à Naples (1993)

dimanche 12 février 2017

Jiro Taniguchi

jiro-taniguchi.jpg

Jiro Taniguchi, l'un des grands noms de la bande dessinée japonaise, auteur notamment de « Quartier lointain » et « l'Homme qui marche » , est décédé, hier, à Tokyo, à l'âge de 69 ans.

vendredi 10 février 2017

Photographie non photographique

Vous réaliserez une photographie révélant des caractéristiques étrangères à la photographie, à la réalité du sujet.
Votre photographie et sa relation particulière au réel provoquent un dialogue entre l’image et son référent « réel », source d’expressions poétiques, symboliques, métaphoriques, allégoriques.

Vous prêterez attention au cadrage, au point de vue, à la lumière, à la mise au point [...] et n'utiliserez aucun filtre.

Photographie : technique qui permet d’obtenir une image durable par l'action de la lumière ; image obtenue par ce procédé.

Dès son invention, la photographie inaugure une nouvelle ère dans la représentation ; le procédé donne à voir une représentation du réel objective. L'homme ne représente plus le réel tel qu'il le voit et tel qu'il le peut, mais c'est le « réel » qui impressionne le support (par l'action directe de la lumière qui est réfléchie, ou émise, de l'objet à la surface sensible). Ainsi la photographie trouve rapidement son usage dans le reportage, dans l'anthropométrie (: inventée par Alphonse Bertillon). Les photographes ambitionnent de réaliser un « inventaire du monde ».

Toutefois, cette objectivité a ses limites. La photographie argentique permettait déjà de travestir la réalité, d'ajouter ou de retrancher des éléments d'une image (cf. photomontage) et avec l'avènement de la photographie numérique, ces trucages qui n'étaient auparavant accessibles qu'à des connaisseurs, deviennent presque à la portée de tous.
De plus, les choix du photographe importent : choix du sujet, du cadrage, de la mise au point, mais aussi du développement, du tirage (recadrage), des retouches, etc.

Le photographe interprète à sa façon le réel qui s'offre à lui. Ainsi, en noir et blanc, une ambiance peut être rendue dramatique par certaines techniques alors que la réalité ne l'était pas autant. Le simple fait d'attirer l'œil sur un élément, en le photographiant, modifie la perception des spectateurs (récepteurs de l'image) face à la globalité de la scène qui se voit de plus réduite à une ou plusieurs images.
S'ajoutent à cela les limites technologiques pour représenter les couleurs, les perspectives, les sujets en mouvement, etc. Un appareil photo ne retransmet pas exactement ce que l'observateur voit. Il peut déformer, créer des aberrations chromatiques, exagérer la perspective, etc.
(source Wikipédia)

Objectifs :

  • Produire des images et prendre conscience de leurs spécificités : la dématérialisation par exemple.
  • Appréhender les relations entre l’image et son référent : absence du référent, prégnance du référent, image comme référent.
  • Comprendre que « l’acte photographique » est porteur de sens.

Références artistiques :

  • Edouard STEICHEN, Rodin, 1903
  • Frank EUGENE, Adam et Eve, 1910
  • Paul STRAND, Photographie, 1917
  • Man RAY, Retour à la raison, 1923
  • Laszlo MOHOLY-NAGY, Sans titre, 1928
  • André KERTESZ, Distorsion, série, 1933
  • Lucas SAMARAS, Photo-Transformation,1973
  • Franco FONTANA, Comacchio, Italie, 1976
  • Cindy HERMANN, Untitled Film Stills #15, 1978
  • Jeff WALL, La chambre détruite, 1978
  • Jan DIBBETS, GDN Rotterdam, 1981
  • Paolo GIOLI, Torso, Omagio impuro a Bayard, 1983
  • Corinne VIONNET, Photo Opportunities, 2005-2014
  • Pictorialismes : documentaire de la collection PHOTO - les grands courants de la photographie d'Arte France, Camera lucida productions.
    La photographie est-elle un art ou une simple technique de reproduction du réel ? Le débat ressurgit à la fin des années 1880 avec le mouvement pictorialiste, qui rejette le réalisme et l’exactitude pour une photographie « artistique » dont les effets cherchent à rivaliser avec le dessin et la peinture.

Robert Demachy

Robert DEMACHY, Lutte (Camera Work 1904, N°5, janvier 1904, planche VI), 1904, Musée d'Orsay, Paris

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

mardi 7 février 2017

D'ici

Proposez le projet d'une peinture murale d'un mot, de telle façon à ce qu'il apparaît de manière différente ou n'apparaît pas du tout suivant la distance et l'angle de vue avec lesquels le spectateur tente de le lire. Le mot créera un sens tout particulier de par sa signification et le choix du lieu de l'anamorphose. 

Anamorphose oblique : les anamorphoses avec un angle de vue oblique furent les premières anamorphoses créées à la fin du 15ème siècle. L’anamorphose peut être considérée comme une dérive des travaux sur la perspective de Piero della Francesca.

Grille déformée
(cf. Les Ambassadeurs d'Hans Holbein)

modele-anamorphose.jpg

① Point de fuite, point décalé sur la droite de la distance de vision définie au préalable.
② Point de vision (œil) est placé à la verticale du point de fuite : plus ces deux points sont proches, plus la distorsion est grande.

Remarque : plus la distance de vision est grande, plus l’anamorphose est étirée ; le spectateur doit donc s'éloigner pour voir apparaître l’image non déformée.

Objectifs : 

  • faire découvrir aux élèves certaines lois simples de l’optique ;
  • sensibiliser les élèves aux questions de la présentation et de la réception d'une œuvre en regard du lieu où elle est exposée/ installée.

Comment une réalisation plastique peut-elle modifier la perception d’un espace ? En quoi la place du spectateur peut-elle influer sur les conditions de la perception et de la réception de l'œuvre ?

Anamorphose : image déformée d’un objet obtenue à l’aide de certains systèmes optiques comme le miroir courbe ; procédé à l’origine de la production d’une telle image. Peinture, dessin qui déforme volontairement l’objet représenté et dont l’apparence initiale ne peut être retrouvée qu’en observant l’œuvre d’un certain angle ou en ayant recours à un miroir courbe.

  • Hans HOLBEIN, Les Ambassadeurs, huile sur panneau de chêne de 207x209,5 cm, 1533
  • Tjeerd ALKEMA, 1 mètre cube (Polyèdre anamorphique), contreplaqué, acier, polyester, acrylique, 120x143x275 cm, 1998 - 2010
  • Christian ROBERT-TISSOT, VOID, 100x580 cm, 2005
  • Felice VARINI, Cinq ellipses, Metz, 2009
  • RERO, ESCAPE - Salton Sea, 2013 ou DEGAGE, 81 rue Chevaleret, Paris, 2011

Georges Rousse - Reims

Georges ROUSSE, Icône, Reims 2008

dimanche 5 février 2017

1977-2017, le Centre Pompidou a 40 ans !

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Le Centre Pompidou fête ses 40 ans en 2017 partout en France. Pour partager cette célébration avec le plus grand nombre, il propose un programme inédit d’expositions, de prêts exceptionnels, de manifestations et d’événements pendant toute l’année.

Un anniversaire partagé partout en France avec tous les publics :
http://www.centrepompidou40ans.fr/

dimanche 29 janvier 2017

Du temps ! Part.2

NIJUMAN NO BOREI (200000 Fantômes) de Jean-Gabriel PÉRIOT, 2007

samedi 28 janvier 2017

Du temps !

Engager votre projet en prenant en compte de cette exclamation :

Du temps !

Vous rendrez compte des étapes de votre travail et de vos questionnements par des traces écrites, par des croquis, seul ou en groupe.
  • Comment le temps apparaît-il au sein de votre production plastique ? 
  • Comment votre travail confronte-t-il le spectateur au temps ? 
  • Quel rôle le temps joue-t-il dans la perception du spectateur ?

Par un suivi régulier — dialogue et lecture des notes de recherches et l'étude de références, l'évaluation portera également sur la démarche suivie, les étapes franchies, le résultat obtenu, les savoirs acquis.

Références artistiques envisagées :

  • Sam TAYLOR-WOOD, Still Life, 2001, vidéo de 3 min 44
  • Michel GONDRY, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, 2004
  • Stanley KUBRICK, 2001, Odyssée de l'espace, 1968
  • Christian BARCLAY, The Clock, 2010
    The Clock de Christian Marclay est une œuvre audiovisuelle d’une durée de 24 heures. Son mécanisme cinématographique est réglé avec la précision d’une horloge et se métamorphose en machine à remonter le temps rythmant, minute par minute, un siècle de cinéma. Christian Marclay y orchestre des milliers d’extraits de films, puisés dans toute l’histoire du cinéma pour composer cette mécanique qui indique l’heure en temps réel, dans chacun des lieux où elle est présentée. Des comédies en noir et blanc aux séries B, des films d’avant-garde aux films à suspens, tous rendent visible le temps qui passe à travers la succession des plans d’horloges, de réveils, d’alarmes, de montres, d’actions ou de dialogues illustrant cet implacable écoulement du temps. Une histoire du cinéma, qui se confond avec notre histoire personnelle – notre horloge biologique, par le truchement du temps réel.
  • Duane MICHALS, Things are Queer (les choses sont bizarres), 1973
    Entre rêve et réalité, les petites histoires mises en scène par l’Américain Duane Michals (né en 1932) bousculent nos repères et bouleversent le regard posé sur les choses. La série Things are Queer (1973) n’échappe pas à la règle, déroulant en neuf séquences un scénario où l’irrationnel surgit de l’apparente banalité.
    Une salle de bains, froide et anonyme, sans signe particulier. La première et la dernière photographie de la série sont identiques. Nous ne verrons pourtant pas de la même manière l’ultime photographie après avoir regardé les sept intermédiaires. Le spectateur revient à son point de départ, mais après un cheminement qui n’aura cessé de brouiller ses repères, en faisant basculer l’espace et ses objets, a priori familiers, dans une autre dimension.
  • Claude MONET, La cathédrale de Rouen, 1892-94
    La série des Cathédrales de Rouen est un ensemble de 30 tableaux peints par Claude Monet représentant principalement des vues du portail occidental de la cathédrale Notre-Dame de Rouen (deux autres tableaux représentent la cour d'Albane), peintes à des angles de vues et des moments de la journée différents, réalisées de 1892 à 1894.
  • On KAWARA, Date Painting, 1992-1993
    Depuis le milieu des années 1960, l’œuvre d’On Kawara repose en grande partie sur les données biographiques de son expérience de l’espace-temps.
    Le 4 janvier 1966, On Kawara peint la première de ses Date Paintings [Peintures de date], basées sur un protocole rigoureux : un monochrome d’une couleur foncée au centre duquel est peinte en blanc la date du jour de réalisation de la toile, dans la langue du pays où l’artiste se trouve à ce moment-là. Chaque peinture est conservée dans une boîte en carton fabriquée sur mesure, et accompagnée d’une page du journal local daté du jour de sa réalisation.
  • Jean-Gabriel PÉRIOT, NIJUMAN NO BOREI (200000 Fantômes), 2007, film expérimental de 10 minutes
    Ce film composé de photographies provenant de sources hétéroclites (fonds publics, archives de la ville, photographies de particuliers, clichés que le réalisateur a lui-même réalisés sur place) parvient, à partir de fragments de mémoires individuelles, à (re)construire une mémoire collective.

Bill VIOLA, The Reflecting Pool, 1977-79, vidéo, 6 min 58

Questionnements
  • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation - la narration visuelle. 
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
  • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
  • Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer - D2 Les méthodes et outils pour apprendre - D3 La formation de la personne et du citoyen - D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine - D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

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