Nus bleus

[…] Dans les Nus bleus, ce sont les vides qui figurent les pleins, le gonflement des volumes (le « plus » d’une jambe pliée qui passe devant la cuisse). Loin de constituer des ruptures « préjudiciables à l’ensemble », les vides inscrivent la figure dans son espace propre, dans une lumière unifiée. Composés stricto sensu, de morceaux, mais pas désarticulés, les Nus bleus sont peut-être l’aboutissement de la réflexion de Matisse sur la figure dans l’espace, et le point ultime de sa pratique de la sculpture : la figure ne se dessine plus, close, sur un espace abstrait, neutre et transparent, dont elle se sépare nettement (Nu couché I)’, elle n’inclut pas une quantité d’espace limitée, précisément dessinée, et qualifiée autrement que l’espace ambiant (les « vides » que dessine et contient La Serpentine). La figure, le Nu bleu, est à présent parcourue d’espace. Non isolée, elle respire dans et par l’espace. Elle fait passage, elle est lieu d’échange et de circulation de la lumière, au même titre que les fenêtres si souvent présentes dans la peinture.
Extrait du catalogue Œuvres de Matisse, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 1989

À partir d’un papier préalablement gouaché (: couleur unie), vous dessinerez avec une paire de ciseaux, puis agencerez les formes découpées sur la surface de votre support (: papier, carton) en recherchant un équilibre visuel entre le plein et le vide, entre la forme et le fond.

Références artistiques possibles :

  • Silhouettes du 17e-18e siècle.
  • Pablo PICASSO, L’Acrobate, 1930, huile sur toile, Musée National Picasso, Paris.
  • Henri MATISSE, Nu bleu II, 1952, papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé sur toile, 116,2 x 88,9 cm, Centre Pompidou, Paris.
  • Jean ARP, Homme, moustache, nombril, 1960, carton peint, 40,5×40,5×2 cm, Fondation Marguerite Arp, Locarno, Suisse.
  • Keith HARING Keith (1958-1990), Boxers, 1987, acier peint, H: 480 cm, Postdamer Platz, Berlin, Allemagne.

  • Questionnements :
    La représentation plastique et les dispositifs de présentation : l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural – les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets – l’espace en trois dimensions.
    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les effets du geste et de l’instrument.
  • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
    Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
  • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
    Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine