Intérieur féminin
Par Olivier Broise le dimanche 30 octobre 2011, 18:10 - Mon cahier de troisième - Lien permanent
Réalisez un projet dans lequel vous proposerez la maquette ou le photomontage d'un "intérieur féminin". Ce travail nécessairement engagé donnera bien entendu à voir une image dépassant l'usage quotidien d'une pièce habitée.
Références artistiques possibles :

American Interior, N°7, Erró, 1968
Dots Obsessions. Infinity Mirrored Room, 1998
Environnement - peinture, miroir, ballons, adhésif, hélium
280x600x600 cm
Les Abattoirs, Toulouse
Yayoi Kusama - Centre Pompidou
10 octobre 2011 - 9 janvier 2012
GALERIE SUD, NIVEAU 1
« Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d’autres pois »
Le Centre Pompidou présente la première rétrospective française consacrée à l’artiste japonaise Yayoi Kusama (née en 1929) : à travers un parcours chronologique composé de 150 œuvres réalisées entre 1949 et 2011, cette exposition rend hommage à une artiste inclassable qui a exercé une influence considérable sur la scène contemporaine (d’Andy Warhol à Mike Kelley et beaucoup d’autres) et captive encore l’intérêt de la jeune génération.
Après une première étape au Musée National Reina Sofia de Madrid, cette rétrospective sera présentée à la Tate Modern à Londres et au Whitney Museum of American Art à New York. Chaque ville constitue un rendez-vous privilégié et spécifique puisque les présentations diffèrent d’un lieu à l’autre. Le Centre Pompidou met l’accent sur l’œuvre sculpté et les expériences de Kusama avec la couleur en présentant des monochromes colorés. L’exposition suit les grands moments de la vie de l’artiste et illustre le caractère protéiforme (peintures, sculptures, environnements, performances) d’une œuvre qu’elle qualifie elle-même d’« obsessionnelle ». Celle-ci est fortement arrimée à un souvenir d’enfance, une hallucination à partir de laquelle elle élaborera le motif récurrent du pois/point (dot).

Precious Liquids, 1992,
Bois de cèdre, fer, eau, verre, albâtre, tissu, coussins brodés, vêtement, 427 x 442 cm
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris
Dans les années 90, à quatre-vingts ans, Louise Bourgeois se consacre à la réalisation de ces chambres magiques, que sont les Cells. Elle y rassemble des objets qui lui sont très proches et qu’elle investit d’une grande charge émotionnelle. Les Cells sont les lieux où elle déroule la trame de ses souvenirs et de ses affects.
Liquides précieux est une imposante installation cylindrique où le spectateur est invité à entrer. Il s’agit d’un espace sombre et clos, composé d’un réservoir cylindrique d’eau en bois de cèdre, tel qu’on peut en voir sur les toits new-yorkais, et destiné à recueillir les « liquides précieux ». Ces liquides sont ceux que le corps humain produit quand il est soumis à des émotions comme la peur, la joie, le plaisir, la souffrance.
Au centre de l’étrange tonneau se trouve un lit ancien en fer entouré de montants qui soutiennent des ballons en verre, tenus de décanter, à travers des tuyaux qui les relient à une flaque d’eau au centre du lit, le liquide qui s’évapore et qui retombera ensuite après sa condensation.
En face, un immense manteau masculin surplombe l’espace, enfermant en son sein un petit vêtement d’enfant avec l’inscription « Merci-Mercy ». De l’autre côté figurent deux boules en caoutchouc et une sculpture ancienne en marbre. L’installation est une œuvre complexe, surdéterminée de sens. Le spectateur est interpellé par cet espace déserté de toute présence humaine et qui pourtant en porte les traces, ce lieu où s’inscrit l’absence, le temps qui passe dans la vétusté du lit et du manteau, la mort peut-être. La curieuse alchimie des liquides et la construction mentale que l’artiste y rattache font de l’espace de l’œuvre un espace du psychisme.
En effet, Louise Bourgeois s’explique quant à la signification des objets y figurant. Le manteau renvoie au père, figure de la répression, le petit habit à la petite fille qu’elle a été, et la dynamique des fluides serait liée aux humeurs de la peur face au père. On est au cœur du « complexe de castration » qui renvoie, selon Freud, au manque central de pénis chez la petite fille et à la différence sexuelle. L’artiste l’a bien évidemment dépassé mais l’œuvre, dans la mise en scène du fantasme, en est sous-tendue.
(source : Louise Bourgeois - Centre Pompidou)
Commentaires
Louise Bourgeois (1911-2010)
Sculpteur américain d'origine française. Lorsqu'elle émigre aux États-Unis en 1938, elle possède déjà une formation de peintre acquise dans les académies parisiennes. À New York, elle suit des cours à l'Art Students' League, et se consacre pleinement à la sculpture à partir de 1949. L'esprit du surréalisme, déjà présent dans ses premières toiles (série des Femme-Maison, 1946-1947), se prolonge dans l'œuvre sculpté. Louise Bourgeois produit d'abord, soit des pièces de bois anthropomorphes d'aspect monolithique, soit des empilements de fragments maintenus par un axe métallique, isolément ou groupés. Elle se libère de la frontalité en façonnant dans divers matériaux des arrangements de masses infonnes (Lairs, 1962-1967, Cumuls 1966-1969). En 1966, elle participe à l'exposition "Eccentric abstraction", et Lucy Lippard peut alors affirmer que "rarement un art abstrait a été aussi directement et honnêtement informé par la psyché de l'artiste" - ce qui lui confère un rôle, dans l'opposition au minimalisme, de précurseur d'un art antiformaliste et subjectiviste. (source : Encyclopédie de l'art moderne et contemporain)
Cela peut sembler insignifiant, mais la photographie me semble avoir été prise au centre Pompidou Metz :)
J'avais oublié de noter la référence (j'ai corrigé).
Il semblerait que l'environnement Infinity Mirrored Room photographié ci-dessus soit celui de Toulouse.
Cordialement
Inspirée par la grossesse de son amie Clarice Rivers, l'épouse de l'artiste américain Larry Rivers, Niki de Saint Phalle commence à considérer pour ses œuvres l'archétype des figures féminines par rapport à sa réflexion sur la position des femmes dans la société. L'expression artistique pour chacune de ces célèbres femmes est Nana. La première des ces formes, faite de papier mâché, fil et tissu, a été exposée à la Galerie Alexandre Iolas à Paris en Septembre 1965.
En 1966, elle collabore avec l'artiste Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt sur l'nstallation d'une sculpture de grande taille, She : a cathedral. pour le musée moderne de Stockholm (Suède). La forme extérieure est une Nana géante, couchée, dont l'accès à l'environnement intérieur est situé entre ses jambes. La pièce suscite une forte réaction du public dans les magazines et les journaux à travers le monde. La qualité interactive de l'œuvre combinée à la fascination continue pour des types d'architecture fantastique intensifie la détermination de Niki dde St Phalle à voir ses propres rêves architecturaux réalisés.